Pendant longtemps, le CV a été la pièce maîtresse du recrutement. On le décortiquait ligne après ligne, en cherchant l’expérience dans le bon secteur, la maîtrise du bon logiciel ou encore le parcours le plus rassurant. Aujourd’hui, les choses ont changé. Nous irons même plus loin : dans les métiers de l’assistanat, le CV n’est plus forcément le premier critère de recrutement.
Attention, cela ne signifie pas qu’il ne sert plus à rien. Il reste un formidable outil pour comprendre un parcours, identifier des expériences significatives ou évaluer l’environnement dans lequel un(e) candidat(e) a évolué. Mais il ne permet pas toujours de détecter ce qui fera réellement la réussite dans le poste.
Or, c’est précisément ce qui fait la différence sur le terrain.
Depuis plusieurs années, nous observons une transformation profonde des attentes des employeurs. Les recruteurs ne recherchent plus uniquement un(e) Assistant(e) capable d’exécuter des tâches. Ils recherchent quelqu’un capable de s’adapter, d’anticiper, de gérer des situations complexes, de créer du lien et d’accompagner les transformations de l’entreprise.
Ces qualités ne figurent pas toujours dans un CV. Notre étude Talent Trends 2026 confirme cette évolution. Près d’une entreprise sur deux (44 %) a déjà intégré une approche de recrutement davantage centrée sur les compétences comportementales et le potentiel, et 98 % de celles qui l’ont adoptée se déclarent satisfaites des résultats obtenus.
Ce changement de paradigme est d’autant plus important que les compétences techniques évoluent désormais à une vitesse inédite. Aujourd’hui, personne ne recrutera un(e) Assistant(e) uniquement parce qu’il ou elle maîtrise parfaitement un outil. Les logiciels changent, les organisations évoluent et l’intelligence artificielle transforme progressivement certaines tâches administratives. Dans ce contexte, ce qui a de la valeur n’est pas tant ce qu’une personne sait faire aujourd’hui que sa capacité à apprendre ce qu’elle devra faire demain.
C’est pourquoi les soft skills occupent une place croissante dans les processus de recrutement. Les entreprises citent désormais l’adaptabilité (57 %), les compétences relationnelles (51 %) et la volonté d’apprendre (46 %) parmi les qualités les plus recherchées. Et lorsqu’on parle d’assistanat, ces compétences prennent une dimension particulière.
Un(e) excellent(e) assistant(e) est souvent celui ou celle qui sent les choses avant qu’elles n’arrivent. Celui ou celle qui comprend son manager sans qu’il ait besoin d’expliquer. Celui ou celle qui sait désamorcer une tension, rassurer un interlocuteur exigeant ou réorganiser une journée entière en quelques minutes lorsqu’un imprévu surgit.
Aucune ligne sur un CV ne permet réellement de mesurer cela.
Cela ne signifie pas pour autant que les soft skills ne peuvent pas transparaître dans une candidature. Elles apparaissent souvent à travers des réalisations concrètes. Une capacité d’adaptation se démontre par la réussite d’une transition vers un nouvel environnement ou un nouveau secteur. Un sens de l’organisation se traduit par la gestion simultanée de multiples priorités ou projets. Une aptitude relationnelle s’illustre par la coordination d’interlocuteurs variés ou l’accompagnement de dirigeants dans des contextes exigeants. Plus qu’une simple liste de qualités, ce sont les exemples concrets qui donnent de la crédibilité aux compétences comportementales.
C’est également la raison pour laquelle nous restons convaincus que l’intelligence artificielle ne remplacera pas les métiers de l’assistanat. Notre étude montre que 47 % des professionnels de l’assistanat considèrent l’IA comme une menace potentielle pour leur métier. Pourtant, tout ce qui fait la richesse de cette fonction repose sur l’intelligence émotionnelle, le discernement, la compréhension des situations humaines et la qualité de la relation. Des compétences qui restent profondément humaines et difficilement remplaçables.
Alors, le CV compte-t-il encore ?
Oui, bien sûr. Mais il n’est plus la finalité du recrutement. Il en est simplement le point de départ. Ce que nous cherchons aujourd’hui derrière un parcours, c’est avant tout un état d’esprit, une capacité d’évolution et une personnalité. Car les compétences techniques s’apprennent, se développent et se renforcent tout au long d’une carrière. Le potentiel, lui, ne tient souvent qu’en quelques signes que seul un échange humain permet de révéler. Et dans les métiers de l’assistanat, c’est plus que jamais ce potentiel qui fait la différence.
Céline Maillot, Senior Executive Manager chez Michael Page.
Laura FALCES









