Quand l’employee advocacy propulse les assistant(e)s sur le devant de la scène
L’employee advocacy, qui consiste à faire des collaborateurs les ambassadeurs et messagers de l’entreprise, s’est imposée comme un levier majeur de visibilité sur les réseaux sociaux. Le contenu publié par les employés génère en moyenne plus d’engagements que celui diffusé par les pages corporate, ce qui incite les organisations à miser davantage sur les profils individuels, y compris ceux des assistant(e)s.
Dans ce contexte, les assistant(e)s, souvent au cœur des flux d’informations, des agendas et des projets, deviennent des relais naturels pour incarner la culture d’entreprise, les coulisses et la réalité du travail au quotidien. Ils et elles publient, commentent, relaient et personnalisent les messages, ce qui humanise la prise de parole de la marque.
De l’assistant(e) de l’ombre à la « personnalité de plateforme »
Traditionnellement, l’assistant(e) se concentrait sur la coordination interne, la logistique et parfois la communication en coulisses, sans forcément s’exposer. Avec la montée du personal branding, les frontières bougent : les profils individuels sur LinkedIn, TikTok ou les réseaux internes deviennent de véritables médias personnels où l’on attend une voix, un ton, une posture.
Des experts du personal branding accompagnent désormais cadres, dirigeants, mais aussi salarié(e)s, pour « structurer leur visibilité » et affirmer une identité professionnelle singulière sur LinkedIn ou Instagram. Les assistant(e)s, au contact direct des dirigeants et des équipes, sont particulièrement légitimes pour porter des contenus de coulisses, de pédagogie métier, d’onboarding ou de culture d’entreprise, et certains deviennent les « visages » récurrents des comptes d’entreprise.
LinkedIn, TikTok, newsletters internes : des terrains d’expression nouveaux
Sur LinkedIn, les programmes d’employee advocacy et de marque employeur encouragent les collaborateurs à publier régulièrement des contenus alignés avec la stratégie de la société. Les assistant(e)s peuvent y partager des posts sur la vie de bureau, les événements internes, les succès d’équipe ou les initiatives RSE, dans une tonalité plus personnelle que la communication institutionnelle.
Sur TikTok et la vidéo courte, la tendance est à la mise en scène des coulisses et du storytelling « en mouvement », considéré comme un pilier de l’employee advocacy. Là encore, les assistant(e)s, souvent en première ligne des événements, réunions et déplacements, peuvent devenir les protagonistes de formats courts, pédagogiques ou humoristiques, qui renforcent l’attractivité de la marque employeur.
Les newsletters internes, pilotées ou alimentées par les équipes de communication, s’appuient aussi de plus en plus sur des portraits de collaborateurs ou des tribunes internes, où les assistant(e)s prennent la plume pour raconter leur métier ou leurs projets.
Un nouveau rôle de communication interne
La fiche métier d’assistant(e) de communication interne illustre bien cette évolution : contribution aux plans de communication, rédaction et diffusion de newsletters, animation de plateformes internes, réalisation de formats éditoriaux variés (vidéos, podcasts, affiches, etc.). Sans tous porter le titre de « communicant », de nombreux assistant(e)s assument déjà une part de ces missions à côté de leurs tâches traditionnelles.
Ce glissement vers des fonctions éditoriales et d’animation de communauté interne suppose la maîtrise des outils digitaux, de la rédaction et des codes des réseaux sociaux d’entreprise. Il place aussi l’assistant(e) dans une position de relais stratégique entre direction, managers et collaborateurs, capable de faire remonter les signaux faibles et de traduire les messages en contenus compréhensibles et engageants.
Opportunités : visibilité, carrière et empowerment
Incarner la voix de l’entreprise sur une plateforme peut être une formidable opportunité de carrière pour un(e) assistant(e). La construction d’une marque personnelle cohérente et assumée sur LinkedIn, par exemple, permet de gagner en crédibilité, en expertise perçue et en réseau, ce que recherchent les programmes de personal branding professionnel. Cette visibilité peut ouvrir des portes vers des postes plus orientés communication, marque employeur, RSE ou management de projet.
Sur le plan individuel, devenir une « personnalité de plateforme » offre aussi un sentiment d’empowerment : capacité à porter sa voix dans l’entreprise, à défendre ses idées, à valoriser son métier et celui de ses pairs. Les entreprises veulent des collaborateurs engagés, ambassadeurs et les assistant(e)s qui acceptent ce rôle peuvent peser davantage sur les décisions, les projets transverses et la culture interne.
Risques et zones de vigilance
Cette exposition accrue n’est pas sans risque pour des métiers historiquement discrets. La confusion entre expression personnelle et communication corporate peut générer des tensions, notamment si les lignes éditoriales ou les messages ne sont pas clairement définis. La pression à « performer » en termes de vues, likes et commentaires peut aussi être lourde pour des profils qui n’ont pas choisi le métier d’influenceur.
Se pose aussi la question de la frontière vie privée/vie professionnelle, particulièrement sur des plateformes grand public comme TikTok, ainsi que celle de la représentativité : un(e) assistant(e) mis(e) en lumière ne doit pas devenir l’unique visage de réalités de travail plus complexes ou diverses. Sans accompagnement, formation et cadre clair (charte réseaux sociaux, guidelines éditoriales, règles de confidentialité), les assistant(e)s s’exposent à des maladresses ou à des critiques qui pourraient fragiliser leur position.
Comment les entreprises peuvent-elles accompagner cette mutation ?
Pour que ce passage de l’ombre à la « personnalité de plateforme » soit vertueux, les entreprises ont intérêt à structurer leurs démarches d’employee advocacy et de marque employeur. Les spécialistes du personal branding soulignent l’importance d’un travail sur les valeurs, le positionnement, le message et la ligne éditoriale des profils qui prennent la parole au nom de l’organisation.
Concrètement, cela passe par des formations aux réseaux sociaux, à la prise de parole et à la rédaction, par la mise à disposition de kits de contenus, mais aussi par la reconnaissance de ce travail dans la fiche de poste des assistant(e)s concerné(e)s.
En valorisant ces missions d’incarnation, plutôt qu’en les considérant comme « un plus », les entreprises sécurisent leurs prises de parole et offrent aux assistant(e)s une trajectoire professionnelle plus riche, à la croisée de la coordination, de la communication et de l’influence interne.
Laura FALCES









