Midi express : booster le cerveau avant 14 h
Des travaux montrent qu’une séance d’exercice aérobie de 15 à 30 minutes à intensité modérée améliore l’attention, la vitesse de traitement et certaines fonctions exécutives juste après l’effort. Une revue sur les bénéfices cognitifs de l’exercice confirme que des séances courtes améliorent l’attention sélective et soutenue, même sans effet majeur de l’heure de la journée, tant que l’intensité est suffisante.
Insérée à la pause déjeuner, cette parenthèse active aide à lutter contre la somnolence post-repas et à retrouver de la clarté mentale pour l’après‑midi. Certaines recherches en milieu scolaire indiquent que l’activité physique le matin ou en milieu de journée améliore concentration, vigilance et affect positif, ce qui plaide pour un créneau avant les réunions critiques.
Soir décompression : alléger la charge mentale
L’exercice en fin de journée est particulièrement efficace pour réduire le niveau de stress, favoriser la détente et améliorer l’humeur grâce à la baisse du cortisol et à l’augmentation de neurotransmetteurs impliqués dans la régulation émotionnelle. Les activités de type yoga doux, étirements ou marche tranquille sont associées à une meilleure préparation au sommeil et à une diminution de l’anxiété avant le coucher.
En revanche, les séances très intenses trop proches de l’heure du coucher peuvent retarder l’endormissement, raccourcir la durée du sommeil et dégrader sa qualité, en maintenant une fréquence cardiaque et une activation du système nerveux élevées. Pour un « sas émotionnel » efficace, il est suggéré de privilégier des efforts modérés et de terminer l’exercice au moins quatre heures avant le coucher ou d’opter pour une intensité légère si l’on s’entraîne plus tard.
Santé, QVT et image pro : un cercle vertueux
L’activité physique en entreprise montre un lien entre pratique régulière et baisse du stress perçu, amélioration de la satisfaction au travail et du sentiment d’auto‑efficacité. Les programmes de sport ou de bien‑être au travail sont associés à moins d’absentéisme, une meilleure productivité et un engagement renforcé, avec un retour sur investissement positif pour l’employeur.
Dans ce contexte, négocier un créneau de midi « sanctuarisé » ou assumer un départ à 18 h pour aller à la salle renvoie l’image d’un(e) salarié(e) proactif(ve) qui protège sa santé pour mieux tenir dans la durée. On ne voit pas forcément à l’œil nu le gain apporté par la routine sport, mais ses effets (moins de stress, plus de solidité mentale) finissent par se voir dans les chiffres que suit l’entreprise : moins de départs, moins d’absences, une ambiance de travail plus saine.
Comment choisir son camp (ou mixer les deux) ?
Les recherches sur les rythmes circadiens montrent que les chronotypes (horloge biologique) « tardifs » sont moins performants très tôt le matin, mais peuvent bénéficier de séances programmées plus tard, tandis que l’exercice modéré améliore de toute façon la cognition, quel que soit le moment, s’il est bien calibré en durée et intensité. Concrètement, une approche réaliste consiste à privilégier des séances courtes à midi les jours chargés en réunions et à garder les fins de journée pour des séances plus longues, mais modérées, orientées récupération mentale.
« Midi express » tout comme « soir décompression » peuvent être vus comme des outils complémentaires. Le premier pour relancer l’énergie cognitive et la concentration, le second pour nettoyer la charge mentale avant de rentrer chez soi. L’enjeu, pour chacun(e), est d’ancrer ces rendez‑vous dans l’agenda au même titre qu’une réunion stratégique, pour ne plus les considérer comme du « temps volé », mais comme un investissement assumé dans sa QVT personnelle et sa performance durable.
Laura FALCES










