
Relances : de « harcelant » à constructif
Les erreurs fréquentes dans les mails de relance sont : objet flou, ton pressant, absence de contexte et messages trop longs. Les bonnes pratiques recommandent un objet précis, un corps de courrier court (souvent moins de 150 mots) et un appel à l’action clair.
Avant : relance agressive
Objet : Relance
Bonjour,
Je vous ai déjà relancé plusieurs fois au sujet de ce dossier et je n’ai toujours pas de réponse. Merci de revenir vers moi au plus vite, cela commence à devenir problématique.
Cordialement,
[Signature]
Problèmes : objet vague, reproche implicite, aucune date ni référence précise, pression inutile.
Après : relance factuelle et orientée action
Objet : Point sur le dossier [Nom du dossier] — réponse attendue
Bonjour [Prénom/Madame/Monsieur X],
Je reviens vers vous concernant le dossier [Nom du dossier], transmis le [date] pour [objectif : validation, signature, arbitrage…].
Pour respecter l’échéance du [date/événement], auriez-vous la possibilité de me confirmer votre décision ou vos éventuelles questions d’ici [date/heure ou « fin de semaine »] ?
Si ce créneau ne vous convient pas, n’hésitez pas à me proposer une autre date.
Bien à vous,
[Signature]
Forces : rappel du contexte, lien avec un enjeu concret (deadlines), délai proposé, ouverture à l’ajustement.
Recadrages : sortir du mail « coup de pression »
Un mail de recadrage trop direct, envoyé à chaud ou en dehors des heures de bureau, peut dégrader la relation et créer un climat de défiance. Il est conseillé d’éviter les formulations accusatrices et d’ancrer le message dans des faits et des solutions.
Avant : recadrage sec
Objet : Organisation à revoir
Bonjour,
J’ai constaté encore une fois que les comptes-rendus de réunion ne sont pas envoyés dans les délais. Ce n’est pas professionnel et cela pose problème à tout le monde. Merci de faire le nécessaire.
Cordialement,
[Signature]
Problèmes : généralisation (« encore une fois »), jugement de valeur (« pas professionnel »), pas de perspective d’amélioration.
Après : recadrage factuel et collaboratif
Objet : Envoi des comptes‑rendus, fonctionnement à ajuster
Bonjour [Prénom],
J’ai remarqué que les comptes‑rendus des réunions du [jour/équipe] ont été envoyés après le délai prévu lors de nos dernières séances. Cela complique la mise en œuvre des actions décidées.
Serait‑il possible que nous réaffirmions ensemble le délai d’envoi (par exemple : J+1 avant 16 h) et que nous vérifions si vous disposez bien de toutes les informations/outils nécessaires pour y parvenir ?
Nous pouvons en parler quelques minutes si vous le souhaitez afin de trouver l’organisation la plus confortable pour vous.
Bien à vous,
[Signature]
Forces : faits observables, impact expliqué, proposition de cadre, offre de soutien plutôt que sanction.
Annulations : éviter le courrier lapidaire
Un mail d’annulation sec, sans alternative ni excuse claire, laisse une impression de désinvolture. Les bonnes pratiques recommandent d’indiquer la raison (sans entrer dans les détails), de proposer un plan B et de montrer que l’on tient au rendez-vous.
Avant : annulation brusque
Objet : Annulation de la réunion
Bonjour,
La réunion de cet après-midi est annulée.
Cordialement,
[Signature]
Problèmes : pas d’explication, pas de reprogrammation, ton abrupt.
Après : annulation respectueuse avec alternative
Objet : Réunion du [date] — proposition de rapport
Bonjour [Prénom/Madame/Monsieur X],
Un imprévu [ex : prioritaire/lié à la direction/opérationnel] m’oblige malheureusement à annuler notre réunion prévue aujourd’hui à [heure]. Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour ce contretemps.
Je vous propose de la reprogrammer aux créneaux suivants :
– [Jour + heure]
– [Jour + heure]
Si aucune de ces options ne vous convient, n’hésitez pas à m’indiquer vos disponibilités, je m’adapterai au mieux.
Bien cordialement,
[Signature]
Forces : excuse explicite, reconnaissance du désagrément, propositions concrètes de rapport.
Excuses : sortir du « désolé » automatique
Les mails d’excuse inefficaces minimisent l’erreur, vagues restent ou se contentent d’un « désolé pour la gêne occasionnée ». Une excuse professionnelle précise le fait, reconnaît l’impact et indique ce qui est mis en place pour éviter la répétition.
Avant : excusez-moi
Objet : Désolée
Bonjour,
Désolé pour le mail d’hier, j’espère que cela n’a pas posé trop de problèmes.
Cordialement,
[Signature]
Problèmes : pas de référence claire à l’erreur, pas de prise en charge, pas de correction proposée.
Après : excuse claire et réparatrice
Objet : Envoi au mauvais destinataire, toutes mes excuses
Bonjour [Prénom/Madame/Monsieur X],
Je tiens à vous présenter mes excuses pour le mail envoyé par erreur hier à [heure], qui ne vous était pas destiné. Je comprends que cela ait pu être source de confusion.
Le message ne contient pas d’élément sensible, mais j’ai pris soin de corriger la liste de diffusion afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.
Merci pour votre compréhension et n’hésitez pas à me signaler tout impact éventuel de cette erreur.
Bien à vous,
[Signature]
Forces : responsabilité assumée, explication, mesure corrective mentionnée.
Gestion d’imprévus : du chaos à la maîtrise
En cas d’imprévu (retard, changement de salle, problème technique), l’erreur classique est de surinformer (mails confus, trop longs) ou de sous‑informer (un message tardif et incomplet). Les recommandations actuelles vont vers des messages courts, orientées vers les solutions et envoyés dans un créneau raisonnable (éviter les mails nocturnes sans urgence).
Avant : courrier paniqué
Objet : Gros problème !!!
Bonjour,
On a un énorme souci pour la réunion de demain, la salle n’est plus disponible, le matériel visio ne marche pas et je ne sais pas comment on va faire. Je vous tiens au courant, mais pour l’instant tout est compliqué.
Cordialement,
[Signature]
Problèmes : dramatisation, aucune décision, informations peu exploitables.
Après : mail d’imprévu structuré
Objet : Réunion du [date] — modification de salle/format
Bonjour à toutes et tous,
À la suite d’une indisponibilité de la salle initialement réservée, la réunion du [date] à [heure] aura finalement lieu :
– en salle [Nom de la nouvelle salle]
– ou en visioconférence via [lien] (si hybride ou 100 % distanciel).
Les horaires restent inchangés. N’hésitez pas à m’informer si ce changement pose une contrainte particulière, afin que nous puissions adapter le dispositif si nécessaire.
Bien cordialement,
[Signature]
Forces : information factuelle, solution présentée, possibilité de signaler un problème.
Les 7 « mauvais réflexes mail » à bannir
Plusieurs guides d’étiquette numérique identifiant des types de courriers particulièrement contre‑productifs dans le cadre professionnel.
- Le mail omnibus : plusieurs sujets sans lien dans un même message, au lieu de mails distincts avec un objet clair.
- Le mail mal intitulé : objet trompeur ou non mis à jour après un changement de date ou d’enjeu.
- Le mail de minuit ou du week‑end sans urgence : envoi qui crée une pression inutile, alors que le programmateur d’envoi existe.
- Le mail trop familier ou trop distant : formule d’appel ou de politesse inadaptée au contexte, ce qui nuit à l’image professionnelle.
- Le mail truffé de fautes : impact direct sur votre crédibilité, d’où l’intérêt d’outils de correction et de relecture.
- Le mail sans possibilité de réponse (adresse « no‑reply ») dans une relation de travail : perçu comme peu respectueux des interlocuteurs.
- Le mail « roman » sans hiérarchie de l’information : message long sans paragraphes ni structure, qui décourage la lecture.
En pratique, un mail d’assistant(e) efficace repose sur quelques fondamentaux : objet précis, rappelé en une phrase, une demande centrale, un ton professionnel et un appel à l’action explicite. En adoptant ces versions « après », vous renforcez votre crédibilité, gagnez du temps et fluidifiez les échanges pour toute votre équipe.
Laura FALCES









