Clarifier le paysage : qui fait quoi ?
Chief of Staff, HR Business Partner, office manager, assistant(e) de direction « + » partagent un point commun : ils agissent comme interface entre la direction et le reste de l’organisation. Mais leur focale n’est pas la même.
- Chief of Staff : bras droit stratégique du dirigeant, impliqué dans les priorités clés, la coordination de projets transverses, la préparation des décisions, le suivi des chantiers du comité de direction.
- HR Business Partner : interlocuteur RH des managers, il traduit la stratégie business en politique RH (recrutement, performance, organisation, GPEC) et accompagne les équipes dans leurs enjeux humains.
- Office manager : garant du bon fonctionnement opérationnel du bureau (services généraux, prestataires, événements internes, onboardings, vie de bureau) avec souvent une dimension finance/administration croissante dans les PME et scale‑ups.
Dans de nombreuses structures, des assistant(e)s de direction ou office managers occupent déjà, de facto, une partie de ces missions sans que l’intitulé de poste ne reflète cette montée en gamme.
Missions : où se situent les frontières ?
On peut représenter ces métiers sur un axe « opérationnel — stratégique » et « support — business ».
Office manager
Très opérationnel : gestion des locaux, relation prestataires, logistique réunions et événements internes, suivi de factures simples, accueil, onboardings.
Plus la structure grandit, plus l’office manager prend des sujets transverses : politique télétravail, RSE du quotidien, amélioration des process internes, outils collaboratifs.
HR Business Partner
Positionné sur le versant « business + humain » : co‑construction de l’organisation des équipes, accompagnement des managers, pilotage de plans de recrutement, entretiens professionnels, politique de rémunération, climat social. Son impact se mesure sur le turnover, l’engagement, la performance des équipes.
Chief of Staff
Rôle très transverse : cadrage et suivi de projets stratégiques, préparation des comités, priorisation de l’agenda du dirigeant, synthèse d’informations issues de multiples départements, parfois pilotage d’OKR. Il agit comme « filtre » et « amplificateur » du dirigeant : ce qui passe par lui est prioritaire, ce qu’il clarifie devient exécutable par les équipes.
En pratique, la frontière se joue souvent sur trois critères : degré d’exposition à la stratégie, périmètre de décision, et impact direct sur le business (chiffre d’affaires, organisation, people).
Salaires indicatifs : à quoi s’attendre ?
Les niveaux de rémunération varient fortement selon la taille de la structure, le secteur et la localisation, mais quelques ordres de grandeur se dégagent.
Fonction (France) | Fourchette principale (brut/an) | Sources |
Office manager (0–2 ans) | 30 000 – 36 000 € | Office Manager France 2025 |
Office manager (3–5 ans) | 37 000 – 45 000 € | Office Manager France 2025 |
Office manager confirmé (5–10 ans) | 45 000 – 55 000 € | Office Manager France |
Office manager senior/« limite RAF » | 55 000 – 70 000 €, pouvant monter vers 68–80 k€ dans les structures les plus avancées | Office Manager France |
HR Business Partner junior | 31 900 – 45 000 € | Hellowork 2026, Voluntae 2025 |
HR Business Partner senior | 55 000 – 80 000 € | Voluntae, Hellowork |
Chief of Staff junior (0–3 ans) | 54 000 € environ | Chief-of-staff-france.com 2025 |
Chief of Staff expérimenté | 82 000 – 90 000 € en moyenne, avec des packages courant entre 80 000 et 135 000 € selon les profils et secteurs | Chief-of-staff-france.com |
Ces chiffres restent indicatifs ; à Paris et en tech/finance, les hauts de fourchette sont plus fréquents, alors que d’autres régions ou secteurs (ESS, ONG) restent sensiblement en dessous.
Compétences transférables : le trésor caché des assistant(e)s et OM
La bonne nouvelle : une grande partie des compétences requises pour ces fonctions est déjà bien présente chez les assistant(e)s de direction et office managers expérimentés.
Compétences clés communes
- Gestion de projet : planifier, coordonner des interlocuteurs variés, tenir des délais, suivre des livrables.
- Communication écrite et orale : synthèses, notes, mails sensibles, animation de réunions, prise de parole auprès de profils très différents.
- Priorisation et arbitrage : gérer un flux massif de demandes, dire non, escalader les sujets importants, protéger l’agenda du manager.
- Culture business : compréhension des enjeux de l’entreprise, des clients, des contraintes budgétaires.
- Maîtrise des outils : suites collaboratives, CRM basiques, outils de ticketing interne, plateformes RH, tableaux de bord simples.
Spécificités à développer selon la cible
- Vers HR Business Partner : culture RH (droit du travail, relations sociales, politique de rémunération), conduite d’entretiens, analyse des données sociales, posture de conseil auprès des managers.
- Vers Chief of Staff : vision stratégique, capacité de cadrage (structurer un chantier de A à Z), aisance avec les indicateurs business, travail étroit avec le CODIR, sens politique renforcé.
- Vers un rôle d’office ops/OM+ : pilotage budgétaire plus fin, suivi des coûts, négociation avancée avec les fournisseurs, amélioration continue des process internes.
Un exemple concret : un(e) office manager qui pilote déjà les déménagements, le plan de télétravail, les événements internes et le budget fournisseurs dispose d’une base très solide pour évoluer vers un poste d’office ops senior ou, dans certains contextes, vers un rôle proche de Chief of Staff opérationnel.
Conseils pour évoluer d’un métier à l’autre
Pour les assistant(e)s et office managers, la cartographie de ces métiers permet de construire un plan d’évolution réaliste, en plusieurs étapes.
Nommer ce que vous faites déjà
- Listez vos missions actuelles par grandes familles : opérationnel pur, gestion de projet, people/RH, finance/budget, stratégie/direction.
- Faites le lien avec les fiches de poste type HRBP, Chief of Staff, office manager senior : vous verrez que certains blocs sont déjà cochés.
Travailler l’intitulé et la fiche de poste
- Première étape souvent accessible : faire évoluer un poste d’assistant(e) de direction vers « assistant(e) de direction — bras droit », « office manager — coordonnateur/trice des opérations internes » ou « responsable office & workplace ».
- L’objectif est de rendre visible, dans les documents RH, la réalité stratégique ou transverse de vos missions, pour légitimer ensuite un repositionnement salarial.
Se former de manière ciblée
- Vers HRBP : formations courtes en droit social, gestion des talents, approche data RH, conduite du changement.
- Vers Chief of Staff : gestion de projet avancée, pilotage OKR, finance d’entreprise pour non‑financiers, stratégie, parfois un exec MBA ou un certificat en management.
- Vers OM senior/office ops : achats, négociation, contrôle de gestion, RSE, sécurité au travail.
Demander des terrains de jeu concrets
- Proposez de piloter un projet transversal (nouvel outil, refonte des process d’onboarding, projet RSE) avec un cadrage, des jalons et des indicateurs.
- Positionnez‑vous comme interlocuteur‑trice central(e) d’un sujet stratégique pour la direction, en montrant que vous savez sortir du « faire » pour aller vers le « piloter ».
Négocier salaire et titre au bon moment
- Changement de périmètre (projet structurant, management d’équipe, prise en charge d’un budget significatif) : moment clé pour renégocier votre package et votre intitulé.
- Ayez en tête des repères de marché : un(e) office manager confirmé(e) peut légitimement viser 45–55 k€ selon le contexte, un HRBP senior 55–80 k€, un Chief of Staff expérimenté au‑delà de 80 k€.
En cartographiant clairement ces métiers voisins, les assistant(e)s et office managers gagnent un levier puissant pour faire reconnaître ce qu’ils font déjà… et tracer, pas à pas, leur trajectoire vers des fonctions de véritable bras droit stratégique.
Laura FALCES









