Des missions de plus en plus transversales
Initialement centrée sur la coordination administrative, la fonction d’assistant s’est transformée au fil des réorganisations et de la digitalisation. Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’un assistant de direction ou de service prenne en charge le pilotage de projets, la gestion de budgets ou le suivi d’objectifs d’équipe.
Cette évolution résulte souvent d’un mouvement naturel : la direction confie davantage de dossiers opérationnels à un collaborateur de confiance déjà impliqué dans la vie du service. Les missions se densifient, les responsabilités augmentent, mais la reconnaissance hiérarchique tarde à suivre.
Un rôle clé, mais sous-estimé
Le shadow manager agit comme un relais essentiel entre le management et les équipes. Il coordonne, arbitre, et fait en sorte que les projets avancent dans les délais. Pourtant, son rôle reste souvent invisible dans les organigrammes. Il n’encadre pas toujours directement, mais il exerce une influence managériale réelle, à travers la planification, la communication interne et la gestion des priorités.
Cette position ambiguë peut conduire à un déséquilibre croissant : d’un côté, une expertise opérationnelle reconnue ; de l’autre, un manque de visibilité et parfois de reconnaissance institutionnelle. Car dans bien des cas, les postes d’assistants ne sont pas réévalués pour refléter ces nouvelles missions à forte valeur ajoutée.
Un choix organisationnel avantageux… pour l’entreprise
Pour les organisations, confier des missions de coordination et de suivi à un assistant expérimenté peut sembler judicieux : cela garantit souplesse et efficacité tout en limitant les coûts liés à la création d’un poste de manager intermédiaire. Le shadow management devient alors une solution implicite d’optimisation interne.
Cependant, cette pratique pose des questions de pérennité. Les assistants exerçant ces fonctions sans cadre défini peuvent se heurter à une surcharge de travail, un manque de reconnaissance salariale, ou une confusion dans les responsabilités décisionnelles. Autrement dit, le gain organisationnel se fait souvent au détriment de la clarté managériale.
Vers une nouvelle reconnaissance du leadership administratif
De plus en plus de directions prennent conscience de cette réalité. Certaines font évoluer les intitulés de poste : office manager, executive business partner, project coordinator ou chief of staff. Ces fonctions traduisent la dimension stratégique du rôle d’assistant d’aujourd’hui, professionnel de la coordination et de la performance collective.
L’enjeu, désormais, consiste à formaliser ces responsabilités : clarifier les périmètres, définir les critères de reconnaissance et repenser la place du management assisté au cœur de l’organisation. Car derrière l’intitulé d’assistant se cache souvent un véritable leader opérationnel, un acteur de terrain qui, sans titre officiel, fait avancer les équipes et les projets.
Laura FALCES










