Fabrice Seco travaille aujourd’hui comme Office Manager en full remote.
Après huit années dans la conciergerie privée, puis cinq ans au sein d’un cabinet d’avocats, il accompagne des dirigeants de start-up, des avocats ainsi que des TPE et PME en croissance qui cherchent une fonction d’Office Management structurée, souple et opérationnelle.

« Au départ, je m’imaginais gérer des demandes extravagantes »
Quand il se lance comme concierge privé indépendant, Fabrice Seco s’attend à évoluer dans un univers fait de requêtes improbables et d’urgences spectaculaires. Le cliché du service ultra-premium n’est alors pas loin, avec ses bouquets à trouver en pleine nuit et ses caprices de dernière minute.
Très vite, le réel reprend la main. Ce que ses clients attendent de lui n’a rien d’anecdotique. Ils cherchent surtout quelqu’un de fiable, capable de les décharger d’un poids administratif devenu source de tension, parfois même d’angoisse. Moins de folklore, plus de fond. Moins d’exceptionnel, plus d’efficacité.
« Ce qui me stimule, c’est la complexité du quotidien »
La suite de son parcours affine encore cette appétence. En rejoignant un cabinet d’avocats comme Office Manager, il retrouve ce qui l’anime vraiment. Gérer plusieurs priorités à la fois. Arbitrer dans l’urgence. Mettre de l’ordre là où tout s’accélère. Trouver des solutions concrètes, tout de suite, sans bruit inutile.
De cette expérience se dégage une évidence. Ce qui le tient dans ce métier, ce n’est pas une fonction figée ni un intitulé de poste. C’est un goût très net pour la coordination, la rigueur et la résolution de problèmes. Un terrain sur lequel il évolue désormais en freelance, avec la même curiosité et la même envie d’aider.
Être un homme dans l’assistanat, un sujet pour les autres plus que pour lui
La question du genre, Fabrice Seco ne l’évacue pas. Mais il refuse d’en faire un étendard. Oui, le secteur reste majoritairement féminin. Oui, sa présence détonne parfois dans les représentations. Mais lui n’a jamais abordé son parcours sous l’angle de la singularité.
S’il y a anti-stéréotype, dit-il en substance, il se trouve surtout dans le regard porté sur le métier. Pas dans sa manière de l’exercer. Ce qu’il retient avant tout, c’est la liberté que cette activité lui donne. Celle de collaborer avec plusieurs clients, de rester indépendant et d’intervenir dans des contextes variés, avec à chaque fois des enjeux différents.
« Je ne suis pas une femme, mais j’ai quand même des qualités »
La phrase fait sourire. Elle dit surtout quelque chose de plus sérieux. Fabrice Seco le rappelle sans détour. Les qualités attendues dans l’assistanat ne relèvent pas du féminin. Organisation, anticipation, discrétion, adaptabilité. Rien là-dedans n’appartient à un genre.
Comme beaucoup de femmes dans des environnements professionnels dominés par les hommes, il explique n’avoir jamais eu à se conformer à un rôle pour trouver sa place. À ses yeux, la seule vraie mesure reste celle du travail livré. Le reste tient encore trop souvent à des réflexes culturels et à des étiquettes usées.
Assistant de direction, Office Manager, la bataille des intitulés
Entre assistant de direction et Office Manager, la différence lui paraît souvent plus cosmétique que réelle. Dans les start-up notamment, le second s’est installé comme un standard, avec une connotation jugée plus moderne, plus large, parfois plus stratégique.
Derrière ce glissement lexical, une question affleure. Le titre Office Manager serait-il, inconsciemment, plus facilement accepté lorsqu’il est porté par un homme, là où celui d’assistant de direction reste chargé d’une image plus traditionnelle, et surtout plus genrée ? L’hypothèse mérite d’être posée. Elle en dit long sur la hiérarchie symbolique que certains continuent d’établir entre des fonctions pourtant proches dans leur exigence et leur valeur.
Pour Fabrice Seco, l’opposition n’a pas lieu d’être. Les deux rôles sont utiles, exposés, stratégiques à leur manière. Et rien ne justifie qu’ils soient encore lus à travers le prisme du genre.
La vraie question, celle qu’on ne pose pas
Lui-même se garde bien de prétendre qu’il apporte quelque chose de plus parce qu’il est un homme. Ce serait tomber exactement dans le piège qu’il dénonce. En revanche, il reconnaît qu’une interrogation demeure. Son genre a-t-il influencé la décision de ses clients, consciemment ou non ? A-t-il rassuré, intrigué, modifié la perception de son rôle avant même qu’il n’entre en action ?
La question reste ouverte. Et c’est peut-être là que le sujet devient intéressant. Non pas dans une supposée différence de performance, mais dans ce que la présence masculine vient encore révéler des biais attachés à ces métiers de l’ombre.
Aux jeunes hommes, il dit de ne pas attendre l’autorisation
Son message à ceux qui hésitent est limpide. Il faut y aller. Sans se laisser arrêter par les clichés ni par des offres d’emploi encore rédigées au féminin comme si le métier était réservé d’avance.
Pour lui, cet obstacle est surtout symbolique. Il ne doit pas faire renoncer. Il faut postuler, faire ses preuves, imposer son style, construire sa place. Ne pas demander qu’on la lui accorde.
Sur LinkedIn, il observe d’ailleurs une évolution. Les hommes restent très minoritaires dans le secteur, autour de 5 à 10 %, mais ils sont plus visibles qu’avant. Le mouvement existe. Et dans un moment où l’intelligence artificielle rebat les cartes de l’assistanat, entre automatisation, montée en valeur du relationnel et redéfinition des tâches, le terrain semble plus ouvert que jamais pour sortir enfin des vieux réflexes de genre.








