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Qui sont ces hommes assistants ?

Elisabeth Duverney-Prêt
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Publié le 14/12/2017
Nous avons rencontré trois assistants qui témoignent ici de leurs parcours professionnels, pour certains semés d'embûches, et pour d'autres sans encombre. Portraits croisés.

➜ Carmelo Castagna - Assistant de direction au Commissariat à l'énergie atomique (cea)

Pour Carmelo Castagna, le métier d'assistant est un choix de carrière. Après avoir fait beaucoup d'associatif en tant que secrétaire, il a décidé d'en faire son métier. 

"Quand on aime organiser des événements et qu'on apprécie le contact avec les gens, cela coule de source", explique-t-il. 

Durant ses études en BTS Assistant de direction - où il n'y avait que deux hommes - Carmelo Castagna reconnaît "avoir eu droit à quelques moqueries. Pourtant, je me suis éclaté durant ces deux ans car j'avais vraiment trouvé ma voie. Et finalement, nous avons tous fait preuve d'intelligence et nous avons travaillé ensemble de façon constructive. Il en a été de même lors de mon premier poste chez Schneider. J'étais le seul homme assistant. Il a fallu que je défende mon poste car j'ai fait face à certains hommes machos et à des femmes assez rudes ! Mais cela ne m'a pas freiné !". 

Assistant depuis 20 ans au sein du CEA, Carmelo Castagna a aussi eu droit à des remarques sexistes, "mais comme pour toutes les femmes qui font des métiers d'hommes ! Je me rappelle par exemple lorsque je suis arrivé au CEA, qu'un homme est venu me voir en me disant : "Ah c'est vous notre secrétaire ? Je m'attendais à une femme charmante !". Je lui ai répondu que j'espérais bien être charmant pour les femmes du service ! Il faut avoir de l'humour face à certaines personnes."

Depuis quelques années, Carmelo Castagna a décidé d'évoluer dans sa fonction en suivant de nombreuses formations.

"On a tendance à être cantonné à un seul service et à se sentir enfermé dans son bureau, mais il est primordial de se former même si on n'en voit pas immédiatement l'intérêt". 

Fort de ses nombreuses années d'expérience, il est aujourd'hui persuadé que dans les activités où ne se côtoient que des hommes ou que des femmes, de nombreux problèmes se posent. "La mixité est beaucoup plus riche et constructive à mes yeux sur tous les plans. À plusieurs reprises, au sein du CEA, le recrutement d'un homme a été décidé pour mettre en équilibre les échanges entre collaborateurs. Et cela a toujours été bénéfique."

Désormais il partagera d'ailleurs son expérience au sein de la FFMAS afin de promouvoir l'entrée des hommes dans les métiers du secrétariat et de l'assistanat. 

 

➜ Romain Burgy, assistant chez Elioz

Romain Burgy est un jeune assistant. À 34 ans, il exerce cette professionne depuis tout juste deux ans. Lui aussi est arrivé par hasard à ce poste : 

"Au début j'étais au standard. Quand j'ai su que l'assistante commerciale partait, je suis allé voir mon directeur pour lui parler de mon envie de la remplacer. Je la connaissais bien puisque nous étions dans le même bureau et je savais que la diversité des tâches à accomplir me plairait (commandes de fournitures, rédaction de divers supports...). Être sollicité par tous les services d'une entreprise permet de se sentir vraiment utile."

Pour lui, il n'a jamais été question de discrimination. "Je travaille en BtoB, les clients ont toujours été bienveillants à mon égard. Généralement les hommes réagissent disant : "C'est étonnant de voir un garçon à ce poste", et les femmes disent plutôt : "Ça fait plaisir, un garçon ça change !". Une fois ce type de remarques passé, plus personne n'en parle. En tout cas pas à moi !".

Pleinement épanoui, Romain Burgy ne pense toutefois pas rester assistant de direction. "Même si ce métier est vraiment sympa, c'est une opportunité que j'ai eue à un moment donné mais ce n'était pas mon projet initial. Je pense faire une validation des acquis de l'expérience afin de faire valoir des compétences. J'ai d'autres projets professionnels...". 

 

➜ Jean-Pierre Bodson, assistant à la Banque Européenne d'investissement (BEI)

C'est en 2006 que Jean-Pierre Bodson se tourne par hasard vers le métier d'assistant. Il est alors huissier polyvalent à la BEI. "On parlait d'externaliser le service dans lequel je travaillais. J'ai donc voulu me réorienter en interne". 
Il se renseigne sur les différentes opportunités et décide de suivre une formation d'assistant, un métier qui semble correspondre à plusieurs de ses aspirations. Pourtant toutes les formations en interne lui seront refusées. 

"Durant deux ans je me suis battu pour obtenir ces formations mais je me suis heurté à un mur. Il n'était pas possible, dans l'esprit de mes supérieurs, qu'un poste d'assistant soit occupé par un homme ! J'ai trouvé cela aberrant."

Bien décidé à faire bouger les mentalités, Jean-Pierre Bodson décide de suivre une formation en externe avec le centre de formation Cegos, et acquiert les bases nécessaires pour pratiquer le métier d'assistant. Pourtant, cela ne suffira pas pour convaincre. "La personne qui me refusait les formations a cette fois refusé de me donner le poste pour manque d'expérience ! Mais il était évident que le problème n'était pas là."

"Un beau jour j'en ai eu assez et j'ai décidé de manifester ma colère de façon très visuelle en venant en jupe à la banque ! Six mois plus tard j'ai été intégré dans un service en tant qu'assistant"

"La directrice de ce département s'est émue de ma situation et a décidé de me donner une chance. Je crois qu'elle comprenait parfaitement les frustrations qu'on peut avoir à ne pas évoluer pour des raisons discriminatoires."

Délégué du personnel depuis 2011, Jean-Pierre Bodson a rencontré de nombreux autres assistants sur le marché du travail et a œuvré pour transposer toute une série de mesures dans sa société : mobilité, gestion du personnel, relation avec les cadres...

Côté discrimination, il continue à faire évoluer les mentalités : "Lorsque nous avons une réunion, je mets un point d'honneur à servir le café. Le regard des autres, je m'en fous ! C'est aussi pour cela que je n'hésite pas à venir travailler en kilt ou en jupe ! Mon épouse n'apprécie pas trop ce genre de fantaisie, mais pour moi c'est important de montrer que nous ne sommes pas obligés de respecter certaines idées reçues !"

"Hommes et femmes, nous ne serons jamais égaux puisque physiquement nous sommes différents, mais nous sommes complémentaires. C'est ce qui fait la force des équipes mixtes."

"Des hommes et des femmes différents pourront voir un problème ou une situation de façon plus rationnelle et plus globale. On passe outre les individualités pour être une équipe.". 

Jean-Pierre Bodson a quitté ses fonctions de délégué du personnel pour reprendre un poste d'assistant administratif à temps plein. 


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