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Projet Voltaire : 15 mots et expressions à bien orthographier

Sandrine Campese - Responsable de la communauté en ligne du Projet Voltaire
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Publié le 29/10/2018
Pour la plupart d'entre nous, les vacances sont déjà loin, mais nous avons attaqué la rentrée armé(e)s de bonnes résolutions : prendre du temps pour soi, lire, faire du sport, aller au théâtre, repartir en vacances et... améliorer notre orthographe, bien sûr ! Car en la matière, il y a toujours à faire.

Alors, si vous réussissez à bien orthographier les 15 expressions et mots suivants, courants dans le milieu professionnel, vous aurez d'ores et déjà honoré une partie de vos bonnes résolutions ! 

 

➜ Oui, il y a un "s"

  • à "aucuns" dans "aucuns frais" : dans "aucuns frais", aucun est accompagné d'un nom qui n'a pas de singulier : frais. En effet, on ne dit pas "un frais", mais "des frais". Or, le déterminant (ici, "aucun") qui accompagne un nom toujours pluriel se met toujours au pluriel, d'où "aucuns frais" !
  • à "affaires" dans "chiffre d'affaires" : une société doit faire des affaires, c'est-à-dire vendre plusieurs biens ou services, pour constituer son... chiffre d'affaires ! Suivant la même logique, on écrit aussi : un cabinet d'affaires, un chargé d'affaires, un homme ou une femme d'affaires, un repsa d'affaires, un voyage d'affaires, etc. 
  • à "offres" dans "appel d'offres" : s'il n'y avait qu'une offre, ce ne serait pas la peine de faire un appel, n'est-ce pas ? D'où le "s" à offres dans "appel d'offres". Et au pluriel, bien sûr, on n'oublie pas non plus le "s" à appels : des appels d'offres.  
  • à "fonds" dans "fonds d'investissement" : avec un "s", le fonds est le capital dont on dispose, qu'il soit économique, culturel ou humain. On écrira donc un "fonds d'investissement", mais aussi un fonds de pension, le Fonds monétaire international (FMI), le fonds d'une bibliothèque (l'ensemble de ses livres), etc. Pour retenir ce "s" final, remplacez-le mentalement par le symbole du dollar : un "s" traversé par deux trais verticaux. 

 

➜ ABRÉGEZ (NOS SOUFFRANCES)

Sans point, "Mr" est l'abréviation de Mister en anglais britannique. Avec un point, "Mr." est l'abréviation de Mister en anglais américain. En français, jusqu'à nouvel ordre, "monsieur" s'abrège en "M.", un point c'est tout ! Et au pluriel ? "MM."

Profitons-en pour rappeler les abbréviations de "Madame" (Mme, au pluriel Mmes) et de "Mademoiselle" (Mlle, au pluriel Mlles).

 

➜ OSEZ LA LIAISON !

Employés seuls, "vingt" et "cent" sont invariables. On écrit vingt euros, cent euros et on n'oublie pas de faire la liaison : "vingt-t-euros", "cent-t-euros".

"Vingt" et "cent" varient quand ils sont multipliés (et non suivis d'un autre adjectif numéral) d'où quatre-vingts euros, trois cents euros, et à l'oral "quatre vingts-z-euros", "trois cents-z-euros".

 

➜ À L'ORAL, ÇA MARQUE MAL

  • dire "malgré que je sois" : pour exprimer la concession, on emploie la conjonction "bien que" suivie du subjonctif. Si vous tenez vraiment à utiliser "malgré", ce sera sous la forme "malgré le fait que", mais en aucun cas "malgré que". 
  • dire "pallier à ce problème" : le verbe pallier est transitif direct. Traduction : il n'est pas suivi de la préposition "à". Par conséquent, on "pallie" à un problème. Attention également au sens ! "Pallier" ne signifie pas "résoudre", mais bien atténuer, éviter, masquer...
  • dire "un intérêt pécunier" : s'il a un rapport avec l'argent, un intérêt est pécuniaire. Le mot "pécunier", déformé par confusion avec "financier", n'existe pas ! Pensez plutôt à "judiciaire" et "tertiaire", qui se terminent de la même manière !
  • dire "j'amène le dossier" : à moins que votre dossier soit capable de bouger tout seul, vous ne pouvez pas l'amener. En revanche, vous pouvez l'apporter. Retenez qu'on amène des "animés", des êtres humains ou des animaux (amener son enfant à l'école, amener le chien chez le vétérinaire), et qu'on apporte des inanimés, des choses concrètes ou abstraites (apporter des fruits, apporter de l'aide). 

 

➜ COMBATS DE CONJUGUAISON

  • je serai vs je serais : sans "s" à la fin, "je serai" est conjugué au futur de l'indicatif, le mode du réel. Si vous écrivez "Je serai à l'heure au rendez-vous", cela signifie que votre ponctualité est assurée, du moins au moment où vous parlez !Avec un "s" à la fin, "je serais" est conjugué au conditionnel présent, mode de l'incertitude. Vous sous-entendez "Si je le pouvais, je serais à l'heure au rendez-vous". Le conditionnel sert également à exprimer un souhait. Pour solliciter, cette fois-ci, un rendez-vous, vous écrirez : "Je serais ravie de vous rencontrer". (Si l'on remplace "je" par "nous", on obtient : "Nous serions ravies de vous rencontrer"). 
  • il envoie vs il conclut : comme les autres verbes du 1er groupe, "envoyer" a pour terminaison "e" (j'envoie), "es", (tu envoies) et "e" (il envoie) au présent de l'indicatif. Écrire "il envoit" avec un "t" revient à conjuguer "envoyer" comme "voir", verbe du 2e groupe !"Conclure" étant un verbe du 3e groupe, il n'y a aucune raison d'écrire "Il conclue" au présent de l'indicatif ! Cela supposerait que l'infinitif soit "concluer", qui n'existe pas ! Il n'y a que deux cas où l'on écrit "conclue" : à la 1re et à la 3e personne du présent du subjonctif : que je conclue, qu'il conclue. 
  • parle vs prends : à l'impératif, les verbes du 1er groupe (en -er) conjugués à la 2e personne du singulier (tu) ne prennent pas de "s" final, sauf en présence des pronoms "y" et "en". Exemples : "Parle de tes problèmes", "Parles-en !". Ce sont les verbes du 2e et du 3e groupe qui se terminent  par un "s", comme au présent de l'indicatif : "Tu finis", "Finis !"; "Tu prends", "Prends !". Cas particulier : "va" ne prend un "s" que dans "vas-y" : "Va chez le médecin", "Vas-y !". 
  • moi qui ai, unique vainqueur ! : dans la phrase "C'est moi qui ai préparé la réunion", "qui" reprend le pronom personnel "moi", lequel s'emploie à la place du pronom sujet "je". Le verbe avoir doit se conjuguer à la première personne du singulier du présent de l'indicatif, ce qui donne "ai".Bien sûr, la même règle s'applique quel que soit le sujet : "toi qui as", "lui qui a", etc. Par conséquent, écrire "moi qui ais", "moi qui ait" ou pire (car on emploie le verbe être au lieu d'avoir !) : "moi qui es", "moi qui est", constitue une vilaine faute de conjugaison !

 

➜ ANGLAIS OU ANGLAIS ? THAT IS THE QUESTION

Les noms d'habitants prennent une majuscule. "Notre principal fournisseur est un Anglais". Les adjectifs prennent une minuscule. "Notre fournisseur anglais est compétitif". Les noms de langue prennent une minuscule. "Dois-je apprendre l'anglais pour parler à notre fournisseur ?". 


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