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Près d'un quart des salariés aurait recours à de "faux arrêts maladie"

Publié le 11/10/2018
Près d'un quart (23%) des salariés français estime qu'il est acceptable de "se déclarer malade" auprès de leur employeur, alors qu'ils ne le sont pas.

L'étude ADP (Automatic Data Processing) "Révélez vos talents", qui a interrogé 2518 collaborateurs en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, a cependant révélé que 77% des répondants européens qui estiment qu'il est acceptable de se faire porter pâle le faisaient eux-mêmes au moins deux fois par an !

En France, 20% des salariés qui admettent la légitimité d'arrêts maladies fictifs déclarent qu'il est acceptable d'y recourir plus de 5 fois dans l'année...

La mesure du nombre d'arrêts maladie courts est un des principaux indicateurs surveillés par les directions des ressources humaines pour évaluer l'engagement des collaborateurs et un des signaux forts qu'il ne faut surtout pas négliger en cas de progression remarquable. Mais au-delà de ce qui est mesurable, l'étude met aussi en lumière que l'écrasante majorité (80%) des salariés n'a pas voulu aller travailler au moins une fois au cours des 12 derniers mois et plus d'un sur dix (12%) n'a pas envie de se rendre au travail plusieurs fois par semaine ! 

Plus inquiétant encore : plus d'un quart (27%) des salariés français a envie de démissionner plusieurs fois par mois, 7% plusieurs fois par jour et 41% l'ont envisagé depuis qu'ils ont rejoint leur entreprise !

 

"Nous sommes tous conscients que les absences de salariés coûtent cher aux entreprises et qu'il faut prévenir les faux arrêts maladie. Trop souvent, cette attitude est liée au mécontentement des travailleurs et les employeurs ont un rôle essentiel à jouer pour inverser cette tendance inquiétante. En cette période d'évolutions au niveau politique, économique et technologique, les entreprises doivent pouvoir compter sur des collaborateurs stables et engagés. Les employeurs doivent établir une véritable relation transparente avec leurs salariés, pour renforcer une confiance mutuelle et mettre en œuvre des politiques adaptées pour éviter ce genre de situation et retenir leurs collaborateurs" - Carlos Fontelas De Carvalho, Président d'ADP en France et en Suisse. 

 

Ces tendances varient assez peu à travers l'Europe. Dans les pays où les travailleurs sont davantage susceptibles de démissionner, on observe d'ailleurs une certaine décontraction vis-à-vis des faux arrêts maladie

Les travailleurs britanniques sont les plus enclins à démissionner, 19% d'entre eux l'envisagent chaque semaine ou plus, soit plus du double des travailleurs néerlandais (9%), suivis par les Italiens (13%) et les Français (12%). De la même façon, les salariés britanniques (27%), français (23%) et italiens (20%) sont les plus susceptibles de penser que se mettre en arrêt maladie est acceptable. 

L'avis des Européens sur ce sujet n'est pas fonction de leur niveau de salaire. En revanche, ceux travaillant dans des secteurs avec une certaine pénibilité sont plus enclins à tolérer le recours à des arrêts de complaisance. En tête, le secteur de l'agriculture (38%); puis la construction (34%) et, plus étonnement les métiers de l'informatique & technologie (29%), peut-être symbole d'une émergence réelle d'une certaine "tech-fatigue". 

Les millenials sont plus enclins à juger cette pratique acceptable (28%) que leurs ainés (15% pour les 40-65 ans). Ceux qui gèrent de grosses équipes sont moins sévères (54%) vis-à-vis de faux arrêts médicaux que les managers de groupes de plus petite taille (63%). 


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