Le stress, vous connaissez ?

Publié le 05/08/2016
Libérateur ou stressant... Si vous deviez résumer votre rapport au travail en un mot, lequel choisiriez-vous ? Plus de la moitié des assistant(e)s choisissent la seconde option. Mais le mal du siècle peine encore à s'imposer dans les préoccupations de l'entreprise. À tel point qu'appeler un chat un chat reste un problème. Vous vous sentez concerné(e) ?

"Un bon employé est un employé stressé...". Vieil adage qui a fait les beaux jours des start-up et de la nouvelle économie. Plus de dix ans après leur explosion en vol, qu'en reste-t'il ? Un amalgame douteux entre implication collective et négation de l'individu, quel que soit son poste, son rôle. 

On a vu les médias se gargariser des drames chez France-Télécom et Renault, mais franchement, le quotidien de ces géants, où tout est borné, où chacun sait ce qu'il a à faire, peut-il avoir quelque chose de comparable avec les petites entreprises qui maillent le territoire, font l'emploi et notamment celui de la majorité des assistant(e)s ?

Depuis la crise, la flexibilité du travail est érigée en solution universelle, les équipes se font à la fois plus mobiles et éphémères en fonction des projets. 

 

➜ Nouveau binôme

Le bon vieux binôme manager-assistant(e) n'est plus ce qu'il état : d'un côté l'assistant(e) se doit désormais d'assister une équipe complète et non une personne, de l'autre le manager se trouve sous une pression supplémentaire : la conjoncture économique. 

D'un autre côté, ce fameux binôme perd en importance avec la montée du travail collaboratif. Le manager n'est plus un individu que l'on suit dans le temps, il ne reste plus qu'une équipe mobile et un résultat à obtenir.

Sans s'en rendre compte, nous sommes passés d'une culture du moyen à celle du résultat. À chacun de se donner les moyens d'atteindre les résultats. Et qui veille au grain ? Organise ? Centralise ? Encore l'assistant(e)...

Coordonner une équipe mobile, composée de personnes de cultures différentes et faire rouler l'ensemble dans la bonne direction est autrement plus intéressant que le standard téléphonique... mais encore faut-il gérer le stress qui va avec ! 

 

➜ Inégalités

Que l'assistant(e) se trouve dans une position d'éponge à stress, c'est une chose. Rien ne présume de la réaction de l'intéréssé(e) : Hans Selye, chercheur, s'est intéressé à la question et a découpé la question en trois parties.

  • La première est le "stresseur" : l'événement par lequel le stress arrive. Un bouchon alors que l'on se rend à une réunion importante, une mission impossible à la dernière minute... Autant de situations qui vous tombent dessus sans prévenir. Autant les prendre comme des faits avec lesquels composer au mieux.
  • Seconde dimension : la réaction. Car le stress, ce n'est finalement que la réaction violente à une situation de danger. Comment faire face à tel ou tel événement ? Chacun se sait différent de ses confrères : il y a les zen et les autres. 
  • Dernière dimension : les effets secondaires. Maux de ventre, perte d'appétit, du sommeil... Un coup de stress ne s'efface pas en un claquement de doigts. Et si le stress devient chronique, comme c'est hélas souvent le cas au travail, les choses peuvent devenir plus graves.

 

➜ Une histoire collective

Il est donc temps de dépasser les incantations, les bonnes résolutions sans lendemain pour prendre le taureau par les cornes et se pencher sérieusement à la fois sur les causes et sur la manière d'y faire face. 

Dans le premier cas, il s'agit de partir en guerre contre les "stresseurs". Le premier d'entre eux est sans doute son manager. Non, inutile de le trucider, il est lui-même sous pression et soumis aux mêmes lois physiologiques et psychologiques que vous. Quand les gouttes d'eau font déborder le vase, c'est l'assistant(e) qui est éclaboussée, voilà tout. Mais en-a-t'il conscience ? Par manque de recul, il est possible qu'il nie la situation : "C'est pas grave, on a vécu pire", et d'autres pirouettes permettant de ne pas mettre le doigt sur les questions qui fâchent. Demandez de l'aide : un(e) assistant(e) stressé(e), c'est un binôme malade. Le tout est d'oser proposer de regarder le problème en face.

 

➜ Le contrôle

Regarder les choses sous un angle factuel peut aider : sur le papier, le stress dispose d'une définition précise : "un décalage entre les contraintes de son environnement de travail et la perception que la personne a des ressources dont elle dispose pour y faire face".

Et si l'on adapte le concept à l'assistant(e), on peut alors définir le stress comme la réaction à un décalage entre des attentes fortes et une latitude limitée, il doit être possible d'agir soit sur l'un, soit sur l'autre. 

Quant à votre réaction à la situation stressante, il existe de nombreuses solutions pour vous aider : techniques de relaxation, réflexion,...