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Le fait religieux en entreprise : quel regard porté par les dirigeants ?

Publié le 02/02/2018
Lieu de travail mais également de sociabilité et de vie, l'entreprise n'est pas uniquement un espace d'activité économique...

Alors que se multiplient les initiatives invitant les salariés à échanger et à s'exprimer davantage (espaces de coworking ou de sociabilité, heures réservées au développement de projets personnels, etc.), les questions d'identité personnelle et de liberté d'expression prennent une importance grandissante. 

À la lisière entre expression libre de soi et respect des règles de vie en collectivité, l'expression de sa religion en entreprise est aujourd'hui une zone encore floue qui semble manquer de définitions, de limites et d'arbitrages clairs. 

Afin d'affiner la compréhension de ce sujet de société, et mieux percevoir concrètement comment le fait religieux cristallise les réactions de chacun, l'IST, le Crif et le Figaro se sont associés à l'institut Harris Interactive pour interroger dirigeants et représentants du personnel sur leurs propres représentations et déclarations d'expérience. 

 

➜ Les dirigeants plutôt défavorables...

Interroger les dirigeants d'entreprise sur la question du fait religieux n'est pas simple : pour certains, il s'agit d'un sujet trop sensible pour être évoqué au sein d'une enquête d'opinion... 

Néanmoins, force est de constater que, chez ceux acceptant de s'exprimer, le fait religieux est majoritairement considéré comme n'étant pas légitime à prendre une trop grande place au sein de la vie de l'entreprise

  • Près de 9 dirigeants sur 10 (88%) excluent d'effectuer des aménagements d'espaces comme des salles de prière ou de voir se développer des aménagements de travail formels dus à la religion dans leur entreprise. 
  • Le port du voile, dont la présence dans de nombreuses espaces publics est questionnée, constitue également une forme d'expression religieuse à laquelle les dirigeants sont largements opposés (79%)

L'expression du fait religieux n'est donc pas accueillie très favorablement dans la vie de l'entreprise, encore moins s'il s'agit de lui faire une place formalisée dans son mode de fonctionnement et très défavorablement lorsqu'elle induit un rejet de l'autre (54% estiment inacceptable qu'un salarié refuse de manger avec ses collègues et, surtout, plus de 90% écartent l'idée qu'un salarié puisse refuser de serrer la main à une personne de l'autre sexe ou de s'asseoir là où elle était assise).

Pour autant, si l'adaptation de l'entreprise à des manifestations religieuses est exclue par la majorité des dirigeants, ils restent ouverts à certaines expressions permettant à une personne de respecter ses pratiques religieuses sans remettre en cause la neutralité de l'entreprise en la matière.

Ainsi, 93% sont ouverts à ce qu'une personne pose un jour de congé pour raisons religieuses, 92% estiment acceptable que les restaurants d'entreprise proposent systématiquement des plats végétariens et 83% sont ouverts à l'idée qu'un salarié puisse jeûner pendant ses heures de travail.

Pour les dirigeants comme pour les représentants du personnel, les manifestations religieuses sont acceptées tant qu'elles restent à la discrétion du seul salarié et n'impliquent pas de répercussions sur les autres.

 

➜ Une entreprise sur 5 touchée par le fait religieux

Au total, un peu moins d'un dirigeant sur 5 (18%) déclarent avoir déjà eu connaissance de l'expression du fait religieux de manière avérée au sein de son entreprise, ceux exerçant en Ile-de-France (23%) ou dans de très grandes entreprises (25%) étant légèrement plus nombreux à en faire l'expérience. 

Parmis les pratiques principales enregistrées par les dirigeants, deux se distinguent particulièrement : 

  • les demandes de congés liées à des fêtes religieuses qui ne seraient pas déjà un jour férié (53% des dirigeants en font état),
  • des prières (48%) : une pratique qui pose plus de difficultés internes que la demande de congés. 

Signes ostentatoires (27%) mais également aménagement du temps de travail pour raisons religieuses (25%) ou refus de serrer la main à une personne de l'autre sexe (24%) font également partie des faits les plus cités. 

 

➜ Une volonté de dialogue avant tout

62% des dirigeants indiquant avoir été confrontés au fait religieux dans leur entreprise estiment avoir, avant même d'y être confrontés, entrepris une démarche d'échange et de dialogue au sein de leur entreprise sur ce sujet, qu'ils se soient entretenus avec des membres des RH, d'autres membres de la direction (49%), avec les cadres (39%), avec les délégués syndicaux (35%) ou même les salariés (25%). 

37% affirement également avoir aujourd'hui mis en place dans leur réglement intérieur des dispositifs relatifs au fait religieux en entreprise. 

À l'occasion du dernier cas autour du fait religieux s'étant présenté, les dirigeants ont majoritairement choisi le dialogue (convocation de la personne concernée, demande d'intervention des supérieurs hiérarchiques) plutôt qu'une sanction

 

Plus d'informations sur harris-interactive.fr

 


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