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Le bonheur dans l'entreprise : utopie ou impératif ?

Jean Noël Gaume
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Publié le 19/10/2018
C'est en période difficile, d'incertitudes ou de crise qu'il faut libérer le bonheur dans l'entreprise… OU les gens ont plus de bien-être et de plaisir et libèrent des stratégies de conquête, OU le système entier va se dégrader...

➜ Comment allier bienveillance et exigence ?

Ce que cherche avant tout l'entreprise pour exister, c'est le profit, créer de la richesse. Quand elle ne fait pas de profit, c'est souvent parce que le bonheur n'est pas là. Un collaborateur heureux rendra un client également heureux. Autrement, l'échec de cette entreprise sera programmé...

Les gens travaillent pour obtenir une reconnaissance, trouver un équilibre, faire sa place dans la vie, mais aussi pour être utile et découvrir des nouveaux univers. Ils travaillent par amour d'eux-mêmes et de leurs enfants. 

Cela vaut également pour les patrons, les actionnaires et les clients. Aucune entreprise n'aurait pu exister si celui qui l'a fondée n'avait pas eu la certitude de créer son propre bonheur. C'est pour cela que des termes comme holocratie ou CHO (Chief Happiness Officer) ont fait leur apparition dans le vocabulaire courant. 

L'entreprise doit être une entité vivante et privilégier l'intelligence collective. La hiérarchie avec son organigramme classique ne fait plus partie de ce nouveau paysage. Les rôles sont affectés en fonction des compétences. Supprimer les positions de pouvoir et la bureaucratie permet de donner plus d'agilité à l'entreprise.

 

➜ Le bonheur en entreprise : un concept qui ne semble pas prioritaire...

Jusqu'aux années 2000, l'effort, la volonté, la conscience professionnelle constituaient pour l'entreprise les critères majeurs de la performance individuelle et collective avec une étanchéité presque parfaite entre une vie professionnelle parfois dévorante et une vie personnelle avec ses valeurs propres souvent peu ou pas respectées.

Depuis, nous avons changé de monde; avec la mondialisation, l'arrivée du numérique, la transition écologique, les dérèglements climatiques et la formidable accélération du temps, les nouvelles générations hyper connectées appelées communément les Y et les Z n'ont pas la même relation avec l'entreprise que leurs ainés. Elles y sont d'abord moins attachées et sont friandes d'espaces de liberté n'acceptant une certaine hiérarchie que si elle leur apporte le bien-être au présent et les fait progresser vers leur idéal professionnel et personnel. 

 

➜ La réussite professionnelle : un pas vers le bonheur

À condition toutefois que le travail soit un lieu de plaisir... Avec le management par la terreur, on a fait du travail une torture et on s'est lourdement trompé. L'entreprise, c'est souvent le seul lieu où l'individu peut développer ses talents et trouver son achèvement. L'espoir d'un futur épanoui et le plaisir du chemin à parcourir sont les deux moteurs du succès.

À l'inverse, la non réussite professionnelle constitue probablement la plus sûre manière de ne jamais conquérir son bonheur. Celui qui s'épanouit dans son métier rentre chez lui l'esprit libre, disponible pour la famille. Celui qui s'épuise dans son boulot, rentre chez lui le soir énervé, renfermé, et abîme la vie de la famille. L'échec peut révéler la nature humaine de l'homme. 

On s'accorde à dire que le bonheur c'est l'état de pleine satisfaction. Et si le bonheur était la capacité permanente et sereine à accomplir tous les talents et toutes les promesses dont nous sommes porteurs ? L'entreprise ne doit pas avoir de doute sur la manière dont elle amène les collaborateurs à s'en approcher. 

 

➜ Le profit et le bonheur : deux ailes de la performance

Si on fait du chiffre sans bonheur, on va tourner en rond jusqu'au moment où le système va se dégrader et il en va de l'entreprise comme de l'individu, il n'y a pas d'état stationnaire. Ou elle avance, ou elle recule. Le point stable n'existant pas, le non progrès est fatal. 

La journée au travail, c'est le plaisir à vivre, l'apprentissage, le sourire, la croissance des chiffres. Pour cela, le management doit avoir l'obsession du plaisir et du bien-être. Le plaisir, c'est la relation positive, le bien-être, c'est la cohésion fraternelle et émotionnelle, dans un système relationnel, organisationnel et culturel ponctué de séquences ressourçantes qui associent la bienveillance et la convivialité.

C'est tout l'enjeu du management collaboratif réconciliateur : faire de beaux résultats avec des collaborateurs épanouis et heureux en conciliant l'économie et l'humain, l'économie et l'écologie, le bonheur individuel et le bonheur collectif.

 

Plus d'informations sur www.editions-kawa.com


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