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J'ai une liaison avec mon patron...

Publié le 06/04/2016
L'idée vous fait bondir ? Avant de vous insurger, lisez, et vous verrez après...

Ça ne fait pas très sérieux. Vous avez pourtant été nombreuses à répondre à notre appel à témoin, et vos témoignages balaient tous les clichés, pourtant si abondants en ce domaine. En découvrant une partie si intime de votre vie... professionnelle, vous donnez à réfléchir sur le métier d'assistante.

 

➜ Complicité

Même sans sentiments "interdits", la relation patron-assistante est déjà basée sur une complicité presque obligatoire. Vous connaissez tout de votre patron : ses déplacements, son emploi du temps, ses coups de fil perso, sa vie sentimentale, ses préférences culinaires. Vous en savez bien plus que ses amis, bien davantage que sa femme. La relation professionnelle que vous entretenez avec lui est propre à votre métier. Aucun autre n'engage autant deux personnes dans une vie professionnelle "en couple".

 

➜ Où se trouve la frontière ?

Seulement voilà, une limite invisible est cependant bien présente. Parce que le lien professionnel est fort, vous risquez gros dans une petite histoire, somme toute si banale : 40% des rencontres ont lieu sur le lieu de travail, ce n'est donc pas si original.

Mais vous êtes assistante. Si l'histoire s'achève, si elle finit mal, c'est votre travail lui-même qui est mis en cause. Comment travailler en duo après une telle rupture ? À moins que cette histoire du passé ne renforce votre lien professionnel ?

Souvent platoniques, les récits que nous avons reçus reflètent toute la dimension humaine du métier d'assistante.

Bien sûr, vous n'êtes pas toutes amoureuses de votre patron, mais vous n'êtes pas non plus une simple machine à réceptionner le courrier. Complicité, tel est le maître mot de votre métier, et cela ne s'apprend pas sur les bancs de l'école.

 

 

"C'est lorsque les bavardages à notre sujet ont commencé à se tarir que notre liaison a commencé"

"Nous avons toujours été très proches, et nous sommes restés dans une relation d'extrême complicité professionnelle pendant quatre ans. À cette époque, les commentaires allaient bon train alors qu'il ne se passait absolument rien entre nous. C'est lorsque les bavardages à notre sujet ont commencé à se tarir que notre liaison a commencé.

 

Nous n'avons pas eu besoin de nous cacher, ni de changer nos habitudes puisque nous étions extrêmement proches...

 

Aujourd'hui, nous avons deux enfants et nous vivons ensemble. Je me souviens avec bonheur de cette époque où nous travaillions en duo. Au moindre stress, au moindre coup de blues, je pouvais aller parler avec lui dans son bureau".

 

Véronique M.

 

 

"Nous avons planifié la fin de notre idylle"

"Je suis assistante de direction bilingue et je travaille uniquement par le biais de l'intérim. Lorsque je suis arrivée pour cette nouvelle mission, le premier contact avec mon manager a été tout de suite excellent. C'était quelqu'un d'agréable, souriant, simple. Il avait toujours un mot gentil : "Tiens, cette nouvelle coiffure vous va à ravir !" ou "Vous avez l'air fatiguée aujourd'hui...". 

Il savait se montrer extrêmement franc et direct. Je crois qu'il a apprécié chez moi ce même trait de caractère lorsque je lui ai demandé une réévaluation de salaire en fonction des tâches qu'il me proposait. Nous avons commencé à travailler ensemble, notre collaboration était extrêmement harmonieuse et agréable. Trop peut-être...

 

J'ai peu à peu commencé à sentir une ambiguïté dans sa façon d'être et de s'exprimer. Je lui avais pourtant appris que j'étais enceinte, mais cela ne semblait pas modifier ses sentiments, ni son plaisir à travailler avec moi. Le voile est tombé le jour où j'ai refusé un poste fixe en interne. Il m'a demandé pourquoi. Je lui ai répondu que je n'avais pas le courage de travailler avec quelqu'un d'autre. Le silence qui s'est installé entre nous parlait de lui-même. 

 

Une complicité différente est née. On a commencé à en parler. Dans son bureau, au téléphone, le plaisir que nous avions à travailler ensemble commençait à basculer vers le désir. Selon lui, c'était le fait de savoir qu'on ne travaillerait plus ensemble qui avait dû nous rapprocher inconsciemment. On s'est mis à programmer notre histoire et sa fin. Pour nous, il était évident que notre rencontre ne pouvait se concrétiser au-delà du fantasme. Notre relation était purement platonique, voire cérébrale.

On a fini par se retrouver un jour à l'extérieur, et l'occasion de "concrétiser" s'est présentée. Nous en avions vraiment envie tous les deux, mais au dernier moment, il a refusé. Il n'était pas vraiment prêt à franchir le cap.

Cet épisode a renforcé notre complicité et notre confiance réciproque. Le temps a passé, on a lutté pour pouvoir prolonger mes contrats jusqu'à mon congé de maternité. Ma grossesse a commencé à se voir, il a continué à me témoigner beaucoup de respect tout en se montrant exigeant professionnellement. Je suis partie en congé maternité. Il s'est tenu informé de la suite de ma grossesse et de mon retour sur le marché de l'emploi après le congé de maternité. Il m'a conseillé de continuer l'intérim ou de prendre un CDD en attendant que l'on puisse retravailler ensemble (il va certainement monter sa structure d'ici la fin de l'année). Bien sûr, si je trouve le CDI du siècle près de chez moi, il ne me le reprochera pas, il sait que j'ai deux enfants et des contraintes horaires pour les récupérer le soir ! Je lui ai précisé il y a quelques jours au téléphone que ma motivation pour travailler avec lui était toujours aussi forte mais que c'était purement professionnel. Il m'a répondu que c'était bien comme cela qu'il l'entendait et que pour faire l'amour, il n'était pas nécessaire de travailler ensemble !"

 

Véronique B.

 

 

"Ce sentiment interdit a changé mon attitude face au travail"

"J'avais 29 ans, j'était mariée avec deux enfants en bas âge et je travaillais à mi-temps dans une grande société. C'était avant tout pour moi un travail "alimentaire", je n'étais pas franchement motivée par mon métier. Je l'ai rencontré lors d'un voyage organisé par l'entreprise. Nous nous sommes découverts de multiples affinités. Le coup de foudre fut réciproque. Mais notre relation est restée platonique. 

Pourtant, c'est à cause de ce sentiment naissant et interdit que mon attitude vis à vis de mon travail a totalement changé. D'un mi-temps, je suis passée progressivement à un temps complet. Être mère et épouse ne suffisait plus à mon épanouissement. Le travail a pris peu à peu une place importante dans mon développement personnel.

 

Cette relation a duré deux ans. Je me sentais plus proche de lui au travail. Je comprenais aussi peu à peu ce que l'expression "mener sa carrière" pouvait signifier. J'évoluais, je m'épanouissais.

Mais affectivement, la situation devenait impossible, il fallait choisir.

 

Lui aussi était marié avec deux enfants. Nous avons suivi la voie de la sagesse et décidé de ne plus rester en contact. J'ai continué à progressé professionnellement et, six ans plus tard, j'ai malgré tout divorcé. J'ai alors cherché à le revoir. Il travaillait à Lyon et moi à Paris, j'ai tout fait pour le rejoindre, sans pour autant sacrifier mon travail. Aujourd'hui, nous vivons ensemble, et j'occupe un poste motivant d'assistante de direction dans une entreprise américaine."

 

Anne-Sophie L.


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