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Exercer plusieurs activités professionnelles en même temps : la norme ?

Publié le 21/11/2017
À l'occasion de Revolution@Work, les organisateurs dévoilent une étude internationale exclusive réalisée par Ipsos sur le futur du travail et les attentes des salariés en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Les premiers chiffres publiés illustrent les challenges qui attendent le monde du travail : la grande majorité des salariés (80%) estiment qu'on travaillera différemment dans 10 ans, et 61% pensent qu'exercer plusieurs activités professionnelles en même temps deviendra la norme. S'ils nourrissent certains espoirs, l'étude révèle également que des craintes sont exprimées, notamment de la part des Français. 

 

➜ L'ampleur des changements dans le monde du travail

Le premier enseignement de cette étude est l'ampleur des changements en cours et à venir dans le monde du travail : plus des 3/4 des salariés pensent qu'ils auront un impact important, et 8 salariés sur 10 estiment qu'on travaillera différement dans 10 ans.

Ce sont avant tout les outils de travail qui seront concernés par ces changements (cités par 38% des salariés), suivis par les contrats de travail (cités par 33% des salariés et même 51% des Français), le contenu (28%) et les espaces de travail (16%, 24% aux États-Unis). 

Cette évolution se manifestera notamment par l'exercice de plusieurs activités professionnelles en même temps, ou slashing : elle sera la norme dans 10 ans pour 61% des salariés, et même 65% des Français. 

"Les salariés n'anticipent pas des ajustements à la marge, ils s'attendent à une véritable révolution du monde du travail" explique Jean-Baptiste Aloy, directeur exécutif au sein du pôle études RH d'Ipsos. 

"Il semble acquis aux yeux d'une large majorité que, non seulement on s'éloigne des parcours traditionnels où une personne faisait carrière chez un seul employeur, mais que l'emploi de demain sera par nature fragmenté. Le cumul de plusieurs missions ou jobs simultanés génère néanmoins des sentiments très partagés, avec, d'un côté, la poly-activité heureuse, synonyme de liberté et d'épanouissement au travail, et, de l'autre, une forme d'intelligence subie qui génère de l'insécurité."

 

➜ Les opportunités et les craintes

Cette révolution du monde du travail est source d'opportunités. Parmi celles-ci, la flexibilité est largement citée : flexibilitée des lieux (mentionnée par 31% des salariés) et des horaires de travail (26%). Sont également espérés un accès facilité aux informations nécessaires pour faire son travail (20%) et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée (19%). 

Mais cette étude dévoile aussi certaines craintes des salariés, et avant tout concernant le manque de sécurité de l'emploi qui est mentionné par près de 4 salariés sur 10 (38%). Ils s'inquiètent également d'une augmentation potentielle du stress au travail (mentionnée par 30% des salariés, et même 33% des Français) et d'une déshumanisation des relations (22%). 

Les Français sont légèrement plus inquiets face aux changements à venir : sur les quatres pays sondés, ils sont les seuls à envisager une hausse du temps de travail. 42% pensent en effet qu'il va augmenter - contre 29% sur l'ensemble des pays - et seuls 15% qu'il va diminuer - contre 22%. 

Le développement de l'intelligence artificielle dans un cadre professionnel est perçu de façon très contrasté parmi les salariés français : il y a autant de Français qui s'estiment inquiets de son impact que de Français considérant qu'il s'agit d'une "évolution normale" (à 39%). Au contraire, aux États-Unis, les salariés observent l'arrivée de l'IA de manière plus positive que les salariés Français, avec 20% de salariés américains qui la décrivent comme une opportunité contre 11% en France. 

 

➜ la génération Z, des salariés plus optimistes ? 

Les jeunes salariés sont plus enclins à la révolution au travail : plus d'un tiers des 18-24 ans (36%) pensent que l'expérience au travail dans 10 ans sera plus enrichissante (et même 44% des jeunes américains), contre seulement 22% pour l'ensemble des salariés. Ils sont plus de 56% à penser que les entreprises de leur pays sont bien préparées aux changements du monde du travail, contre 43% pour l'ensemble. 

Les salariés de la Génération Z sont plus nombreux que leurs aînés à voir dans la slashing un futur standard : 64% des 18-24 ans pensent qu'exercer plusieurs activités professionnelles en même temps deviendra la norme (et 70% au Royaume-Uni), soit 3 points de plus que la moyenne. Enfin, ils sont moins réticents vis-à-vis de la technologie : 20% pensent que l'intelligence artificielle est une opportunité pour les salariés, contre 15% pour l'ensemble des salariés. 

 


 


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