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Entreprises libérées : et si on repensait simplement l'entreprise ?

Elisabeth Duverney-Prêt
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Publié le 04/09/2017
Qu'est ce que l'entreprise libérée ? Vous avez forcément entendu parler de cette nouvelle mouvance du management, que ce soit sous cette appellation ou une autre. Ses principes ? Placer l'humain et le bien-être au centre des entreprises. Mais attention aux changements brutaux et aux effets de mode !

Pour Majorie Bied, consultant et sociologue au cabinet Conseil & Recherche, cette évolution ne peut fonctionner que si elle s'appuie sur une véritable volonté de transformation du modèle de l'entreprise, et d'un accompagnement individuel des dirigeants et collaborateurs à s'engager sur cette voie. Interview. 

 

Votre cabinet a mené un projet de recherche collaborative, durant huit mois, sur les entreprises libérées. Pouvez-vous d'abord nous expliquer de quoi il s'agit ? 

Notre étude, pour le compte de quatre grandes entreprises, nous a permis d'observer que la notion d'entreprise libérée question, intéresse, suscite de vives critiques et fait peur. Ce nouveau concept est davantage une philosophie managériale et n'a pas de définition claire. 

Dans "Liberté & Cie", Isaas Getz et Brian M. Carney mettent en avant une forme organisationnelle d'entreprise dans laquelle les salariés sont libres d'agir pour le bien de l'entreprise. 

"On y écoute les salariés au lieu de leur dire quoi faire. On les traite en adultes responsables au lieu de limiter les informations dont ils disposent ou de faire contrôle pour chacun leurs faits et gestes par une hiérarchie pléthorique. On encourage la prise de risque et l'initiative individuelle ainsi que les décisions collégiales."

Ces auteurs développement l'idée qu'il faut mettre à disposition des salariés les moyens nécessaires pour qu'ils agissent dans l'intérêt de l'entreprise. Cette démarche produit du sens et renforce les valeurs partagées de tous les collaborateurs. C'est ainsi que les organisations atteindront l'idéal, tant rêvé, de performance et de bien-être des travailleurs. 

Nous avons cherché à comprendre ce que ce terme "entreprise libérée" recouvrait. Pour cela, on été explorées dans notre étude les transformations managériales et organisationnelles innovantes mises en oeuvre par certaines organisations. 

 

Pour vous, l'entreprise doit repositionner son activité autour du client. Pourquoi ? 

En recentrant et en orientant l'ensemble de ses activités autour des clients et de leurs besoins, l'entreprise - et les collaborateurs par extension - est amenée à redonner du sens au travail. Les managers s'interrogent davantage sur les moyens à mettre en oeuvre pour faciliter le travail de leurs collaborateurs ou sur leur développement personnel. Cela permet aussi de revoir ou de supprimer des processus existants moins pertinents. 

Le modèle strict de "l'entreprise libérée" - sans fonctions supports ni managers - reste suicidaire pour une grande entreprise ou pour une PME. Les conséquences peuvent être dramatiques pour les personnes confrontées à des changements de rôle, de positionnement, et ayant mal vécu ces transformations. Je pense ici à l'entreprise Chronoflex qui avait supprimé son DRH. Le recrutement du personnel se faisait par cooptation sur des critères de comportement plutôt que de compétences. Cela a créé un réel manque de diversité et finalement le poste de DRH a été rouvert. Il faut toutefois noter que cette expérience a permis de revoir les fondamentaux de la fonction RH et sa réelle utilité. 

Contrairement aux idées reçues, s'engager dans un processus de libération implique de construire son propre modèle d'entreprise, de définir le meilleur processus pour y parvenir et de travailler le développement personnel des individus eux-mêmes. 

 

Les assistant(e)s ont-elles un rôle à jouer dans l'évolution du modèle de l'entreprise ? 

Oui, bien évidemment. Elles sont déjà en mouvement pour certaines et vont être de plus en plus en rôle de support des équipes. Pour cela, elles doivent comprendre les problématiques du terrain et du travail à mener, identifier les solutions ou les projets qu'elles ont envie de porter. 

Avec le soutien d'une direction générale, les assistantes volontaires engagées dans ces initiatives peuvent devenir de réelles ambassadrices de projets et participer pleinement à l'évolution de leur entreprise. 

Il est vrai que certaines personnes seront plus à même d'adhérer à cette démarche que d'autres et que les projets expérimentés ne vont pas fonctionner partout. Mais c'est tout l'enjeu des entreprises et des managers que de savoir gérer ces différences de rythmes individuels et de les accompagner au mieux. 


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