En finale, les consonnes !

Publié le 06/04/2018
Elles ne s’entendent pas et pourtant elles sont bien là, ces consonnes placées à la fin de nombreux mots de la langue française. Généralement, elles proviennent d’une racine latine : on dit que ce sont des lettres étymologiques. Si certaines semblent avoir été ajoutées dans le seul but de nous donner du fil à retordre, d’autres ont leur utilité : distinguer des mots semblables, mais de sens différents.
  • ACQUIT

Ayez la conscience tranquille, mettez un « t » ! Dans l’expression « par acquit de conscience », « acquit » s’écrit avec un « t » final. Pourquoi ? Parce qu’il vient du verbe acquitter. En effet, lorsqu’on fait quelque chose « par acquit de conscience », on s’en acquitte. Rien à voir, donc, avec « acquis », participe passé du verbe acquérir, qui se termine par un « s ».

  • BÉNIT

Oui, oui, par un prêtre. Le verbe bénir a deux participes passés : béni (bénie, au féminin) et bénit (bénite). Avec un « t », « bénit » qualifie certaines choses (généralement, pain et eau) sur lesquelles la bénédiction d’un prêtre a été donnée. Dans tous les autres cas, même s’il s’agit de la bénédiction de Dieu, il faut employer « béni » : une maison bénie, un enfant béni.

  • ASTUCES MNÉMOTECHNIQUES

L’eau bénite, c’est un rite ! Le « t » final de bénit est contenu dans le nom prêtre.

  • CHAMP

Un « p », mais pas de « s » ! Vous êtes tenté(e) de mettre un « s » à « champ », même au singulier Rassurez-vous, vous n’êtes pas la/le seul(e) ! Vous êtes même très logique : on écrit bien un corps, un temps… Oui mais voilà, « champ » a conservé le « p » mais pas le « s » issus du latin campus. C’est la même chose pour « camp ».

  • DÉPENS

« S » ou « d », cela dépend… Dans l’expression « à mes dépens », « dépens » s’écrit avec un « s » final, mais sans « d ». Ce nom, toujours pluriel, signifie « frais ». Il vient donc du verbe dépenser et non du verbe dépendre (qui fait « je dépends », « tu dépends »). Il n’y a donc aucune raison de lui ajouter un « d » ! On peut ainsi vivre, rire, apprendre, s’enrichir à ses dépens ou à ceux d’autrui !

  • DIFFÉREND

Le « d » de la discorde. Vous êtes fâché(e) avec un(e) collègue ? Il vaudrait mieux régler ce différend avant qu’il ne s’envenime ! Eh oui, le nom différend, qui désigne un conflit, s’écrit avec un « d » final. Il se distingue ainsi de l’adjectif différent qui, lui, prend un « t ». Bien sûr, c’est souvent parce que nous sommes différents que nous avons des différends…

  • ASTUCES MNÉMOTECHNIQUES

Différent se termine par un « t » comme « distinct » ; et différend par un « d » comme « désaccord ».

  • SUBIT

Une erreur à ne plus subir ! Comme « acquit », « subit » peut s’écrire avec un « t » final. Dans ce cas, il veut dire « soudain ». Le « t » s’entend dans le féminin subite et dans l’adverbe subitement. Sans « t », « subi » est le participe passé du verbe subir et fait « subie » au féminin. On écrira donc : un départ subit, une averse subite, mais un préjudice subi, une épreuve subie.

 

Sandrine Campese


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