Comment féminiser les noms de métiers ?
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Comment féminiser les noms de métiers ?

Publié le 13/04/2018
Décriée par les puristes, la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions entre peu à peu dans les usages. Décider de féminiser est une chose, le faire sans se tromper en est une autre ! Quelles sont les formes féminines correctes du point de vue grammatical ? Pour le savoir, passons en revue les diff érents cas, exemples à l’appui.
  • LES CAS FACILES

Le nom se termine par une voyelle au masculin – si la finale est en -e, il ne change pas de forme au féminin.

Exemples : une architecte, une cadre, une gendarme, une juge, une ministre, une stagiaire…

Certains noms terminés par « e » au masculin ont été féminisés depuis longtemps à l’aide du suffixe -esse. Exemples : une hôtesse, une mairesse, une maîtresse, une poétesse… Les trois dernières formes, parfois jugées désuètes ou dévalorisantes, peuvent être remplacées par « une maire », « une maître », « une poète ».

  • si la finale est en -é ou -i, on ajoute un « e » au féminin.

Exemples : une apprentie, une attachée, une chargée (de cours, d’études, de mission), une députée… Le nom se termine par une consonne au masculin

On ajoute généralement un « e » à cette finale.

Exemples : une adjointe, une agente, une artisane, une commise, une consultante, une laborantine, une présidente…

Certains noms peuvent subir des modifications : une chirurgienne, une colonelle, une doyenne, une industrielle… (doublement de la dernière consonne), une créative, une sportive… (modification de la dernière consonne), une bâtonnière, une officière, une préfète… (ajout d’un accent sur la dernière voyelle).

  • si la finale est en -eur : la forme féminine se termine par -euse : une avionneuse, une basketteuse, une camionneuse, une chroniqueuse, une démarcheuse, une programmeuse…

Pour « assesseur », « censeur », « commandeur », « entrepreneur », « gouverneur », « ingénieur », « professeur » et « proviseur », vous avez le choix entre :

  • conserver la forme masculine (ce que font les Belges)
  • ajouter un « e » final (ce que font les Québécois et les Suisses).

 

  • LES CAS PLUS DIFFICILES

 

Le nom se termine par une consonne au masculin (suite)

  • si la finale est en -teur : la forme féminine se termine généralement par -trice.

Exemples : une auditrice, une promotrice, une reportrice, une sénatrice, une supportrice, une tutrice… Exceptions : une acheteuse, une batteuse, une transporteuse…

Cas particuliers : pour « auteur », « docteur » et « pasteur », les formes régulières en -trice ou en -oresse perdent du terrain (autrice, doctoresse, pasteuresse). Soit l’on conserve la forme masculine, soit l’on ajoute un « e » final : une auteur(e), une docteur( e), une pasteur(e). Pour « sculpteur », les deux formes, sculpteur(e) et sculptrice, sont possibles.

 

 

Plus généralement, la féminisation est à éviter quand :

  • elle est sentie comme difficile : une chef (même si la forme « cheffe » se rencontre de plus en plus souvent), une clerc, une conseil, une témoin…
  • la forme féminine existe déjà dans un autre sens : une camelot(e), une marin(e), une médecin(e)…
  • Enfin, pour « mannequin », nous dit Le Robert, l’usage hésite entre « un mannequin », « une mannequin » ou « une mannequine », preuve que la question de la féminisation de certains noms est encore loin d’être complètement tranchée ! À lire (consultable gratuitement en ligne) : « Femme, j’écris ton nom… : guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions ». (La Documentation française, 1999).

 

Sandrine Campese

 


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