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Assistante : le choix de l'indépendance

David Keller
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Publié le 13/05/2019
Les NTIC bouleversent les façons de travailler dans l'entreprise. Elles permettent aussi, par leur offre ultra-simplifiée de communication en temps réel de travailler à domicile. Donc pourquoi pas à son compte ? C'est le choix qu'a fait Valérie Mouzanuik l'an dernier.

L'an dernier, à l’âge de 47 ans, Valérie Mouzanuik a franchi le pas : elle s’est installée à son compte. Pour elle, ce choix de l’indépendance ne constituait pas un grand saut qui l’aurait fait passer sur une rive inconnue. Si l’indépendance, c’est avant tout le fait de n’être pas attachée à un employeur, alors Valérie l’était indépendante, avant même de créer sa microentreprise : c’est en intérim qu’elle a exercé ses missions pendant presque toute sa carrière.

Il n'y a pas vraiment de hasard, cette carrière, linéaire en terme d'acquisition de compétences, est en zigzag si on la lit sous l'angle de ses employeurs.

 

Par choix : « On est obligée de comprendre immédiatement la demande, de changer facilement et rapidement de logiciel, d’environnement. Je me nourris beaucoup plus du changement que du confort »

 

Dès lors, son changement de statut s’assimile à la validation claire et nette d’un état de fait. Durant plus de 20 ans, elle travaille dans des environnements exigeants, qui la tirent vers le haut, la font voyager, une année aux États-Unis, une autre aux Antilles à travailler sur un voilier, changer de milieux. On lui confie des missions auprès de « personnalités difficiles », des « profils particuliers », avocats internationaux ou banquiers d’affaires, où sa personnalité et son savoir-faire font des merveilles, en tant que personal assistant (comprendre : assistante pro et perso). Alors pourquoi ne pas être restée intérimaire ?

 

« J’ai un profil atypique. J’ai une formation juridique, en anglais et en commerce international. De plus toutes ces expériences m’ont énormément appris. Je suis par exemple capable de travailler avec un directeur artistique sur une identité visuelle ou de mettre au point une stratégie de communication ».

  

Trop atypique pour les cabinets d’intérim qui vendent ses compétences « en morceaux ». Elle pense à intégrer une start-up pour participer à une aventure entrepreneuriale, mais elle est trop chère…

Elle se rend à l’évidence : elle se mettra à son compte parce qu’elle sait se vendre et qu’elle pourra d’autre part proposer ses services ponctuellement à de jeunes entreprises innovantes. Depuis janvier, elle n’a pas encore eu le temps de développer le côté « startup » de son activité d’assistante et travaille comme assistante personnelle pour un banquier. Il lui faut donc encore un peu mieux organiser son temps. Mais elle ne voit que des avantages à son changement de statut : « je gagne 2,5 fois mieux ma vie et je suis complètement libre ». 

Pour réussir ce changement, elle voit 3 qualités essentielles : un grand sens du service, une grande adaptabilité, et ne jamais avoir peur. Et pour ne jamais avoir peur, avoir toujours un plan B.

 

➜ Avis d'expert

Marie Sorel : représentante des assistant(e)s indépendant(e)s à la FFMAS

 

« Les chiffres concernant les assistantes indépendantes ne sont pas fiables car elles ne sont pas assez visibles et regroupées. Cependant, on peut dire avec certitude que c’est un vrai phénomène depuis la crise de 2009 et la généralisation des technologies numériques. Il faut préciser qu’il y a aussi beaucoup d’échecs. Certaines n’ont pas les qualités pour travailler à domicile, ou n'ont pas le réseau… Il y a des situations choisies et des situations subies.

 

Il faut bien structurer son métier et avoir envie d’entreprendre ; et il ne faut pas croire que parce que l'on est une bonne assistante et qu’on se met sur les réseaux sociaux, ça va marcher !


 
Dès lors qu’on se met à son compte, on reste assistante, mais on devient autre : une commerciale et une chef d’entreprise. Il faut alors se former en permanence, être agile, savoir entrer dans un CRM (les outils métiers), être intuitive, avoir confiance en soi, savoir se vendre et résister aux arguments, se positionner, être attentive au marché, demeurer curieuse, savoir se manager…Les clients des assistantes indépendantes sont avant tout des TPE, des professions libérales, et des associations.
 
Les gros avantages de ce statut sont la diversité, la nouveauté, et le challenge qui tirent vers le haut. Un inconvénient majeur est lié au fait que le salariat reste le modèle majeur, donc ce n’est pas facile pour les emprunts, les assurances… Le manque de sécurité ? Pas sûr : nous sommes dans l’anticipation, on ne subit pas. Finalement nous sommes plus en sécurité qu’en entreprise où un plan social peut arriver sans prévenir. La sécurité c’est la mobilité et l’agilité.

Mon message : il faut se faire connaître, se regrouper, pas seulement entre indépendantes mais avec toutes les assistantes pour s’entraider bien sûr, se suppléer, mais aussi parce qu’on peut toutes basculer d’une catégorie à l’autre».

 

➜ À lire

Top'Actuel Auto-entrepreneur 2018-2019

Un guide pratique, de la création de l'entreprise jusqu'à la gestion de l'activité

Bénédicte Deleporte, Éditions Hachette.