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Assistante juridique, une affaire de spécialiste

Publié le 28/07/2015
Gardienne de l’antre feutré des avocats, la secrétaire/assistante juridique est l’ atout clef des robes noires. Indispensable au bon fonctionnement d’un cabinet, elle se doit d’ être aussi discrète qu’ efficace dans son travail, maîtresse de l’écrit et de la gestion d’urgences.

Assistante d’avocats, d’huissiers, de notaires ou collaboratrice de services juridiques d’entreprise (mais aussi de services contentieux, ressources humaines, banques, compagnies d’assurances), l’assistante juridique assure en grande partie des tâches administratives inhérentes à son environnement : gestion d’agenda, courrier, facturation, relance et suivi de facturation, dactylographie, accueil, classement et archivage des dossiers, organisation des déplacements, etc. Si ces missions « classiques » sont l’apanage d’une secrétaire « traditionnelle », l’assistante juridique sera plus communément qualifiée ainsi de part une spécialisation plus importante, bien qu’il n’existe pour l’heure aucune différence d’un point de vue diplômant. Si un léger flou subsiste encore sur cette question, n’en demeure que plus le profil de l’assistante juridique est spécialisé, plus il est apprécié des employeurs.

Rigueur et autonomie


La connaissance des procédures et du vocabulaire juridique est en outre essentielle. Douée d’une bonne expression écrite et orale, l’assistante  doit également maîtriser les outils de bureautique, notamment les bases de données. Au-delà de la simple retranscription – les avocats travaillant beaucoup par dictée vocale – l’autonomie dans la rédaction des actes et des comptes-rendus de réunion est un vrai plus. Certains documents pouvant acquérir une valeur officielle, la rigueur orthographique est de mise. Une mission de veille documentaire peut être également demandée par le cabinet : textes de loi, jurisprudence, documents nécessaires aux procédures… Il est en outre très sage d’orienter sa formation vers une spécialité en particulier (droit des sociétés, de la famille, de la propriété intellectuelle, etc.).
En entreprise (secteur qui recrute le plus souvent des diplômés bac +3 en droit), on exigera de l’assistante des facultés sur les questions liées au droit des sociétés ou au droit social (contrats de travail, formation professionnelle, dossiers prud’homaux, procédures de licenciement, etc.). La maîtrise des langues étrangères est, par ailleurs, de plus en plus exigée.

Cadre strict


Dotée d’un sens aigu de l’organisation, la secrétaire/assistante juridique travaille généralement en flux tendu. Rigoureuse, autonome, force de propositions, réactive, résistante au stress, Son apparence, son attitude, sa présentation vestimentaire s’inscrivent également dans un cadre assez strict et conventionnel.


Formation Secrétaire Juridique


Outre les formations classiques de secrétariat, les diplômes suivants, de niveau bac + 2/3, sont adaptés à la demande des employeurs :
• BTS assistant de manager ou assistant de gestion PME-PMI, complété par une formation juridique, (DEUST, L2 ou licence de droit),
• BTS assurance, adapté aux services juridiques des compagnies d’assurances,
• DUT carrières juridiques,
• DEUST assistanat juridique,
• Licence assistant juridique (CNED, organismes privés de formation continue).
Évolutions
Il existe la possibilité de devenir clerc de notaire ou clerc d’huissier en passant un examen professionnel. Les secrétaires juridiques peuvent par ailleurs se présenter aux concours administratifs.
Salaire
Une assistante juridique gagne entre 1 833 euros bruts et 2 917 euros bruts par mois en France)
(source : Page Personnel, 2013).
Secteur
Banque - Assurances - Immobilier
Droit - Justice
Fonction publique



Séverine Derrien, Assistante Juridique

Interview / Avis d'expert

Séverine Derrien, 39 ans, a acquis une solide expérience d’assistante juridique. À son compte aujourd’hui, elle nous explique les rouages d’un métier qu’elle considère plein d’avenir.

AP : Comment êtes-vous devenue assistante juridique ?
S.D. : Après m’être longtemps cherchée, j’ai opté pour une formation de secrétaire juridique à l’ENADEP (École Nationale de Droit et de Procédure, ndlr), la formation professionnelle des assistantes juridiques reconnue par les cabinets d’avocats. J’ai suivi cette formation le soir et le week-end pendant 5 ans, et me suis spécialisée en droit de la famille. J’ai pu travailler durant cette période avec différents avocats et enrichir mon expérience.

Vos missions et qualités indispensables au quotidien ?
Principalement de la dactylo, à travers la retranscription des actes (les avocats travaillent essentiellement par dictées vocales). Je m’occupais par ailleurs du classement, du courrier, de la facturation et du suivi… Missions classiques de secrétariat. Toutefois, il faut connaître la terminologie du droit. On ne peut pas inventer certaines choses. Il faut une formation de base qui permette une connaissance des actes, des procédures, etc. Il faut être également très organisée, réactive, avoir une bonne expression orale et écrite, une excellente orthographe et une maîtrise correcte du pack office, notamment Word.

Et votre évolution ?
J’ai profité d’un licenciement économique en 2005 pour suivre mon compagnon dans le Sud, où je n’ai malheureusement pas trouvé de poste. J’ai alors eu l’idée de lancer mon activité via le portage salarial, concept qui me plaisait. J’ai créé mon site internet, mes brochures publicitaires, puis je suis tombée enceinte.
Quand ma fille est née, je me suis lancée avec en portefeuille mon premier client.

Quel est votre quotidien en tant qu’indépendante ?
La retranscription occupe encore 80 % de mon temps, une bonne partie de mes clients me laissant le champ libre pour la rédaction. Je reçois des dictées vocales et je gère le secrétariat traditionnel. Je fais également des états de frais pour une de mes clientes, un domaine spécifique dans lequel je me suis formée il y a 2 ans à l’ENADEP. Je travaille aujourd’hui avec une quinzaine d’avocats mais cela varie. J’opère en flux tendu par ordre de priorité, car pour les avocats, tout est urgent ! C’est pourquoi j’ai voulu m’associer avec des secrétaires pour m’aider. Je fais une sous-traitance une journée tous les quinze jours pour qu’elles-mêmes gardent un vrai rythme et un meilleur suivi avec les clients.

Le métier a-t-il de l’avenir ?
Je le pense. Les avocats auront toujours besoin de secrétaires formées en juridique. Le secrétariat juridique à distance se développe également, boosté par la crise qui pousse les avocats à réduire leurs frais. Ainsi, je facture mes clients entre 50 et 500 euros par mois (TTC), tarif nettement inférieur à un emploi salarié en cabinet, même à temps partiel. De plus, je trouve des nouveaux clients tous les ans sans prospecter, par bouche à oreille, et j’ai pu remarquer un véritable regain d’intérêt pour mon activité depuis que j’ai commencé en 2007.