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Annie Gonot : " se former et prouver qu'on s'est formé "

David Keller
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Publié le 22/05/2019
Observatrice attentive de l’évolution des métiers de l’assistanat au sein de la FFMAS, Annie Gonot insiste sur le caractère indispensable de la formation, souligne l’importance des nouveaux vecteurs de pédagogie et encourage les assistantes à faire preuve d’initiative.

ASSISTANT(E) PLUS : Se former, ce sont des étapes indispensables de notre vie professionnelle ?

Annie Gonot : Plutôt que de parler d’étapes, je dirais plutôt des « marches », comme celles d’un escalier. Car se former c’est effectivement un mouvement ascensionnel. Monter en compétence et donc en valeur et en employabilité.

 

AP : À quel moment doit-on se former ?

Tout le temps ! On devrait suivre une formation par an, même des modules courts, 7, 14 ou 21 heures, comme des piqûres de rappel car même si on a déjà suivi une formationsur tel outil, une remise à niveau sera en fait davantage : l’outil évolue, son utilisation évolue, les besoins que j’ai par rapport à lui évoluent et donc je vais aller chercher des savoirs que je ne possède pas encore ; c’est particulièrement vrai dans les nouvelles technologies. Et puis il y a les formations qui ont clairement pour but l’acquisition de nouvelles compétences. Ce sont des formations plus longues qu’il faut suivre pour améliorer son employabilité ou son projet professionnel.

 

AP : Vous parlez d’heures de formation, mais il faut désormais parler en euros ! Pensez-vous que ce soit une bonne chose ?

Oui, notre compte personnel de formation (CPF) sera désormais crédité en euros (voir notre encadré « On passe à l’euro ! » pp. 14-15). Je me garderai bien de donner un avis à ce stade. Attendons une année et jugeons à la pratique. Une chose me semble raisonnable en tout cas : seules les formations qui relèvent du RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) ou celles proposant des blocs de compétences complémentaires à des diplômes initiaux ou celles entrant dans un processus de validation des acquis de l’expérience (VAE) sont désormais éligibles au CPF. Un ménage va donc être fait dans la kyrielle de formations existantes.

 

AP : Si, comme vous le préconisez, on suit une formation d’entretien chaque année, comment capitaliser des euros CPF pour des formations d’acquisition plus longues ?

Il faut faire preuve d’initiative ! Toutes les formations ne nécessitent pas l’utilisation de notre crédit CPF, comme les MOOC (massive open online course ou formation en ligne ouverte à tous). Mais ce sont des outils qui bénéficient toujours aux mêmes : les plus informées, les plus curieuses d’entre nous. Et à l’issue d’une formation MOOC, j’encourage vivement à acheter la certification correspondante, même si c’est sur ses propres deniers. Ça vaut généralement de 40 à 80 € et c’est un investissement qui vaut le coup.

 

AP : Toujours prouver, faire attester…

Oui, en termes d’employabilité ou en cas de VAE, une formation ne sert à rien si on ne la prouve pas. Il en va de même pour les tâches qu’on effectue, les missions qu’on remplit : il faut confronter la réalité avec sa fiche de poste et la faire modifier le cas échéant. J’en profite pour dire que la certification de nos compétences dépasse le cadre professionnel : un engagement citoyen, une action au sein d’une association, le capitanat d’une équipe de basket… Un outil existe : le passeport du bénévolat (sur francebenevolat.org, ndlr). L’enjeu reste toujours le même : montrer et même démontrer ses compétences et la valeur qu’on crée.