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3.3 millions d'assistant(e)s, et vous, et vous, et vous...

Publié le 11/03/2019
Les bouleversements qui affectent actuellement les métiers de l'assistanat sont une occasion rêvée de faire montre de son agilité, de son savoir-faire, de la valeur ajoutée de ces postes souvent déconsidérés. Montrer et dire pour être reconnu(e). Notamment financièrement.

Bien sûr, comme le rappelle Delphine Vassal, du cabinet de recrutement Fed Office, la réalité du métier est très contrastée en terme salarial : "de la petite main débutante dans les services généraux payée au SMIC, à l'assistante de direction d'un grand groupe qui émarge 70K€ annuels". Bien sûr la spécialisation toujours plus demandée engendre des évolutions à la hausse des salaires. Mais trop peu, trop lentement. 

Annie Gonod, experte métier au sein de la FFMAS, emploie des mots forts, elle parle de "salaires non éthiques". Et de poursuivre, avec un discours en forme d'incantation : "Les entreprises ne sont pas forcément conscientes des compétences nécessaires pour accomplir les tâches qu'elles demandent. Dans la maîtrise du digital, la gestion de groupe, l'animation de projet, la gestion de la qualité... C'est aux assistants d'apporter ces améliorations en argumentant sur la valeur ajoutée : apprenez à nommer ce que vous faites pour dire quelle valeur ajoutée cela génère !". 

La difficulté à faire reconnaître à leur juste valeur les fonctions support tient à leur nature même : elles ne produisent pas directement. Même certaines personnes remplies de bonnes intentions les mettent en avant en rappelant qu'elles évitent au manager (sous-entendu : au véritable créateur de richesses) de perdre son temps en tâches subalternes. Il y a donc bien valeur ajoutée mais par ricochet.
Rien de bien valorisant. Et surtout révélateur d'une vision bien parcellaire de la réalité : l'entreprise crée de la richesse et l'assistant(e) en est un rouage essentiel, indispensable. 

Josette Dubost, rapporte cette anecdote : "Je connais une assistante qui a un talent incroyable de conviction, d'empathie et qui est imbattable pour récupérer des impayés. Mais son salaire n'est pas à la hauteur.". Dans ce cas précis, la valeur ajoutée est facilement quantifiable, voire directement monétisable. 
Et si Josette Dubost évoque aussi le rôle néfaste de "nos mères et grands-mères dans une posture de soumission et de victimisation", Monique Jany sourit en évoquant les nouvelles générations : "Je les vois, elles bougent, elles ne se laisseront pas faire ! Dans 5 ans, j'en suis sûre, cela ira mieux". 

Enfin, pour Annie Gonod, "lorsqu'on embauche une assistante, la période d'essai est d'un mois. C'est trop peu ! Il faudrait qu'elle soit de 3 mois avec des objectifs chiffrés, et non chiffrés puis un bilan au bout de la période.". La reconnaissance commencerait là pour ces assistantes qu'elle qualifie de "créatrices de valeur ajoutée, de routeurs de l'information dans l'entreprise, de pieuvres". Et lorsqu'on lui fait remarquer que, plutôt que la pieuvre, l'image de Shiva aura été plus flatteuse, la réponse fuse, dans un éclat de rire certes, mais avec détermination : "Non parce qu'avec Shiva, vient la sagesse, et il faut que les assistantes arrêtent d'être trop sages !". 

 

➜ Inspiration

Dans les années 80, les informaticiens se sont battus pour obtenir un statut et les rémunérations correspondantes. Un exemple dont pourraient s'inspirer les assistant(e)s. Pour ce faire, il se sont unis en créant un syndicat spécifique et ont mis sur la table l'ensemble de leurs apports à l'entreprise. Ils ont gagné. 

Un point commun : ils avaient du mal à faire valoir leur valeur ajoutée. 

Une différence : ils étaient presque tous des hommes.